🎙️La Phrase Qui Pique : « Les jeunes, ils ne veulent pas travailler… »

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lpqp la phrase qui pique le labo des cip

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Cette semaine, nous nous attaquons à un raccourci cinglant qui nourrit l’anxiété collective : « Les jeunes, ils veulent juste toucher le RSA ». Cet épisode vise à déconstruire ce cliché qui mêle peur, mépris et ignorance des réalités complexes des parcours d’insertion.

Nous explorerons d’où vient ce présupposé selon lequel les bénéficiaires ne veulent que « profiter du système ». Nous verrons que cette phrase ignore les freins concrets et structurels qui maintiennent les jeunes dans une posture d’“attente” ou de stase, qu’il s’agisse de fragilité administrative, de logement instable ou de faible qualification.

Contrairement à l’idée que la motivation est la seule variable, de nombreux jeunes perçoivent le RSA comme une parenthèse et non comme un but. Le non-recours aux aides est d’ailleurs documenté par des organismes comme l’INJEP.

En passant du jugement à la nuance, nous mettrons en lumière la véritable quête de ces jeunes. Notre punchline finale résume notre angle : “Ce qu’ils veulent, c’est du sens. Pas du RSA.”.

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🎯 « Les jeunes, ils veulent juste toucher le RSA. »”

D’où vient ce cliché ?

Cette phrase ne sort pas du vide. Elle est nourrie par plusieurs présupposés et peurs sociales — parfois inconscientes. On peut les regrouper ainsi :

OrigineCe qu’elle sous-entendPourquoi c’est problématique
Méconnaissance systémiqueRSA = paresse / “profiter du système”Ignore les freins concrets, structurels, personnels
Peur sociale / anxiété collective“Les aides coûtent trop cher”Crée une stigmatisation qui rend invisible la souffrance réelle
Projection de responsabilitésQuitte à juger, “ils ne veulent pas s’en sortir”Décharge les institutions et le système de leur part à jouer
Effet “abus rare mais visible”Parce qu’on a entendu un cas “abusif”, on généraliseComme si un grain noir colorait tout le sac

Sources & données :

  • La DREES observe que les bénéficiaires des minima sociaux (dont le RSA) déclarent souvent des freins à l’emploi parmi les raisons de leur situation. DREES
  • Le rapport sur les allocataires du RSA dans la Manche signale que les dispositifs d’accompagnement “socio-professionnel” oscillent entre le social et le professionnel, ce qui peut maintenir des bénéficiaires dans une posture d’“attente” plutôt que d’action. Manche.fr
  • Le non-recours aux aides sociales (dont le RSA) est documenté : certains jeunes éligibles ne réclament pas l’aide, par méconnaissance, honte, ou sentiment d’illégitimité. INJEP
  • En 2025, la réforme du RSA conditionne désormais le versement à 15 h d’activité hebdomadaire ou équivalent (ateliers, formation, démarches) — ce qui montre que l’État lui-même remet en question l’idée selon laquelle “juste vouloir suffit”. Le Monde.fr

Donc non, ce cliché n’est pas une “observation brute”, mais le fruit d’un mélange d’ignorance et de raccourcis sociaux.

La “volonté” n’est pas une variable magique

Dire “ils veulent juste toucher le RSA” suppose que la motivation est l’élément principal. Dans les faits :

✅ Parcours complexes, attendus variables

Beaucoup de jeunes veulent faire quelque chose — non pas rester immobiles. Mais entre l’intention et l’acte, il y a souvent :

  • des moments d’attente : attendre la réponse d’une formation, une place, une aide
  • des phases de stase ou de recul : parce que personne ne relance, parce qu’on se décourage
  • des ruptures : de santé, de logement, de soutien moral

Dire “attente” n’est pas gloser, c’est reconnaître que l’agir ne peut être continu quand le contexte est instable.

✅ Le sens, pas seulement l’argent

Souvent, entendre cette phrase, c’est croire que tout le monde “vise le RSA” pour l’argent seul. Pourtant :

  • De nombreux jeunes disent vouloir un projet : un métier, un rôle, quelque chose qui les mobilise
  • Le RSA est souvent vécu comme une parenthèse, pas comme un but
  • Certains dispositifs “jeunes” montrent qu’on utilise le RSA ou des allocations comme levier d’insertion, non comme finalité (ex : expérimentations RSA jeunes, contrats d’accompagnement) Jean Jaurès

Conclusion : Ils veulent du sens, pas du RSA (ou pas que du RSA).

Les freins invisibles à l’insertion des jeunes

Pour donner du muscle à ton propos, voici les obstacles souvent invisibles mais réels :

  • Manque de réseau & capital social : peu de contacts capables d’ouvrir des portes
  • Fragilité administrative : démarches complexes ; non compréhension des dispositifs
  • Logement instable ou hébergement précaire : sans adresse fixe, difficile de postuler
  • Empilement d’aides / dispositifs : “trop d’offres” vs “pas claires”, choix paralysants
  • Discrimination à l’embauche : prénom, adresse, origine sociale
  • Décrochage scolaire & faible qualification : nombreuses barrières à l’accès à des offres “normales”
  • Terrain “inactif malgré le désir” : jeunes ayant un projet mais attendant le bon moment, le bon accompagnement

Exemple : dans le dispositif RSJ (Revenu Solidarité Jeune), beaucoup de jeunes restent dans une posture d’“attente” entre dispositifs, en transition, cherchant une voie stable. Jean Jaurès

Repenser la formulation : du jugement à la nuance

Plutôt que de dire « Ils veulent juste toucher le RSA », on pourrait orienter vers :

  • « Quels motifs derrière ce qui semble de l’“inactivité” ? »
  • « Qu’est-ce qu’ils attendent vraiment, à défaut du travail immédiat ? »
  • « Comment redonner du sens à leur passage par le dispositif RSA ? »

Cette reformulation oriente vers l’écoute, la compréhension, l’action — pas le blâme.

What to do ? (le “mode d’action CIP”)

Voici comment, en tant que CIP, tu transformes cette phrase qui pique en démarche constructive :

  1. Explorer le “juste toucher”
    Demande : “Pourquoi pensez-vous qu’on dit ça ?” -> ça ouvre le dialogue
  2. Cartographier l’attente
    À quel moment le jeune est-il “bloqué” par l’attente ? Où est le saut à franchir ?
  3. Valoriser le passage par le RSA
    Faire de la période RSA une étape active : formation, stages, missions d’intérêt local
  4. Impliquer le jeune dans le projet
    Co-construire un chemin vers un métier, pas proposer seulement “un job temporaire”
  5. Aller chercher les leviers structurels
    Travailler avec les dispositifs jeunesse, les Missions locales, les associations relais
  6. Accompagner la narration personnelle
    Redonner au jeune une histoire où il est acteur, pas simple bénéficiaire

Exemple “Labo” : Yanis, 22 ans

  • Yanis veut bosser dans le numérique.
  • Il est au RSA : certains autour lui disent “tiens, c’est pratique le RSA”.
  • En creusant : il est en centre-ville sans ordi, sans réseau, avec des refus à répétition.
  • Il a assisté à des ateliers numérique, mais il y avait 10 places pour 100 jeunes.
  • Son “attente” : d’être remarqué, d’avoir les moyens techniques, d’entrer dans le cercle.

Avec toi (CIP), vous :

  • identifiez ce qu’il attend vraiment (ordi + stage).
  • mobilisez une association locale pour le prêter un laptop.
  • l’inscrivez à un projet associatif où il peut tester.
  • à force de petites avancées, il finit par décrocher une mission.

La phrase “ils veulent juste toucher le RSA” s’écroule quand on pose du sens sur leur attente.

Cette phrase, qui semble méprisante, cache un refus de regarder les réalités complexes, les attentes (parfois invisibles), les trajets semés d’obstacles.
Mais ton rôle, CIP, c’est de rendre visible ce qui est derrière le “juste toucher”.

Punchline finale :

“Ce qu’ils veulent, c’est du sens. Pas du RSA.”

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En 2023, j’étais en formation CIP… et j’ai fait un truc un peu fou : j’ai créé Le Labo des CIP

Pourquoi ? Parce que je cherchais des ressources concrètes, pensées pour le terrain et réellement utiles au quotidien du métier de conseiller en insertion professionnelle. Et parce qu’un jour, entre deux fiches REAC et trois cafés, je me suis dit : « Bon… si ça n’existe pas, je vais le faire moi-même… »

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