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Guide du podcast
Nous l’avons tous entendue — ou pire, nous l’avons tous lâchée un jour de fatigue au bureau, un café tiède à la main : « Franchement, s’il voulait vraiment travailler, il aurait déjà trouvé. » 🤦♀️
Dans cet épisode, nous déconstruisons ce mythe tenace qui prétend que le désir de travailler mène mécaniquement à l’emploi. Ce raccourci facile repose sur l’oubli de la réalité terrain : la motivation, c’est le carburant. Mais sans moteur, on cale vite !
Ensemble, nous allons apprendre à repérer et à débloquer les freins invisibles qui stoppent net la recherche : la fatigue, les problèmes de mobilité, ou les cicatrices laissées par des échecs passés.
Notre rôle en tant que CIP, c’est de transformer ce jugement stérile en action concrète. Nous allons adopter la Posture Labo pour chercher les causes profondes et remettre de la dignité là où il y a du doute. C’est en rendant visibles les blocages que nous créons les conditions pour que la volonté produise enfin des résultats.
Arrêtons de juger et passons à l’analyse ! Es-tu prêt à combler le vide entre « je veux » et « je peux » ? Écoute-nous et découvre comment rallumer la flamme qui s’entretient, et surtout, qui s’accompagne.
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Pourquoi cette phrase colle si bien (mais faussement) à nos imaginaires
Quand on entend “S’il voulait vraiment…”, ça sonnait comme une évidence : si la personne a la volonté, tout devrait s’enclencher. Mais la réalité du terrain dit autre chose.
✅ Ce qu’on observe dans les études
- Près de 35 % des demandeurs d’emploi déclarent être freinés par des obstacles “sociaux” (transport, santé, logement…) dans leur recherche. France Travail
- Dans les jeunes “NEET” (ni en formation, ni en emploi), 36 % sont inactifs à cause de freins périphériques comme la garde d’enfant ou des soucis de santé. fse.gouv.fr
- Pour 43 % des 18-24 ans, le manque d’expérience est un obstacle majeur à l’insertion. academy.visiplus.com
- L’étude “Insertion 2025” indique que beaucoup de diplômés battent de l’aile : l’offre de recrutement baisse, tandis que les attentes des employeurs (« 2-3 ans d’expérience » même pour un poste “junior”) restent élevées. Diplomeo
→ Bref : la “motivation seule” ne traverse pas toute cette série d’obstacles.
Les freins invisibles qu’on oublie souvent
Pour rendre cette phrase (qui pique) moins implacable, creusons les freins qu’on ne voit pas ou qu’on minimise :
| Frein invisible | Effet concret | Exemple terrain |
|---|---|---|
| Santé / handicap non détecté | fatigue, absences, baisse de productivité | un candidat fait des allers-retours pour une audition ; en fait, il a des douleurs chroniques |
| Mobilité / transport | impossibilité de se rendre à l’entretien ou au poste | un village non desservi ; le coût du carburant plus élevé que le gain escompté |
| Garde d’enfants / charges familiales | contraintes horaires, impossibilité d’accepter des shifts décalés | une mère seule avec jeunes enfants qui ne trouve pas de crèche la nuit |
| Manque d’outils numériques | difficultés à postuler en ligne ou à se connecter | pas de smartphone ou connexion instable |
| Discrimination & stéréotypes | être éliminé·e dès l’étape du tri | origine, âge, nom / prénom, lacunes (réelles ou supposées) Le Labo des CIP |
| Peur, découragement, expériences négatives antérieures | abandon avant même d’essayer | cumul de refus, fatigue mentale, sentiment « ça sert à rien » |
→ À chaque “il ne veut pas”, on peut poser une question : “Mais qu’est-ce qui l’empêche de traduire sa volonté en acte concret ?”
Rediriger le discours : du jugement à l’accompagnement
Changer la formulation, ce n’est pas juste jouer avec les mots — c’est modifier la posture :
- Au lieu de « S’il voulait… », essayer : « Qu’est-ce qui bloque vraiment ? »
« Quels leviers pourraient lui permettre d’aller au bout ? » - Ce changement invite à creuser, à écouter, à diagnostiquer plutôt qu’à juger.
- On passe du « il ne s’en donne pas les moyens » au « il n’a pas encore les moyens ».
Sur le terrain : posture Labo des CIP
Voici comment toi, conseiller·ère, tu peux agir concrètement :
- Écoute active sans juger
Laisse la personne exprimer ses doutes, ses petites victoires, ses fatigues.
-> “Racontez-moi votre dernier entretien, ce qu’il a coûté (temps, transport, stress).” - Cartographier les freins
Avec elle, lister tout ce qui gêne (transport, horaires, santé, numérique, etc.).
-> On dessine ça visuellement, on met des post-its, on priorise. - Mobiliser des ressources locales “Il y a une navette municipale le mercredi ici.”
“J’ai le contact d’un prêt de tablette pour 2 mois.” - Proposer une micro-mission/test
Une mission simple, de courte durée, pour éprouver sans pression.
-> Parfois, ce premier “gagné” relance l’énergie. - Suivi humain & encouragement
Reprise régulière, petits bilans, valorisation de chaque pas.
Parce que la volonté nourrit la motivation… mais sans reconnaissance, elle s’éteint.
Exemple
Rencontre entre toi (CIP) et Sophie, 28 ans, sans emploi depuis 1 an :
- Sophie veut un poste de vendeuse.
- Elle a postulé 30 fois, sans succès.
- En creusant : ses transports coûtent 20 €/jour, elle habite un quartier mal desservi. Le temps de trajet dépasse 2h.
- Elle a un enfant de 3 ans, la crèche ferme trop tôt pour accepter les horaires de commerce.
- Elle n’a pas d’ordinateur, envoie les candidatures via le smartphone de son frère.
- Moral en dents de scie à force de refus.
→ Avec ta posture Labo, tu identifies ces freins, tu discutes avec la mairie pour la navette locale, tu la mets en relation avec une association de prêt de matériel, tu lui donnes une mission de vente “pop-up” locale à tester, tu relances, tu valorises.
Résultat : en deux mois, elle décroche une mission en CDD, puis une formation en alternance.
La phrase “Si elle voulait vraiment…” perd toute sa force une fois que les freins sont visibles, discutés, puis levés.
En bref,
Cette phrase qui pique est un filtre simpliste : elle cache une vision trop binaire du “vouloir / ne pas vouloir”.
Mais nous, CIP, on sait : derrière chaque “on ne veut pas”, il y a souvent un mur invisible.
👉 Appel à toi : la prochaine fois que cette phrase traverse ta tête ou un atelier, arrête-toi.
Pose plutôt : “Quels obstacles n’avons-nous pas encore vus ?”
Punchline finale :
La volonté, c’est le carburant. Mais sans moteur, tu n’avances pas.
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Le seul endroit où “écouter activement” veut vraiment dire : mettre les écouteurs et kiffer...




























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