➡️ Parce que même avec les meilleures intentions du monde, on peut gêner sans le vouloir. Et quand on bosse dans l’insertion pro, un mot de travers, une formule maladroite, ou un silence mal placé… ça peut fermer plus de portes qu’en ouvrir.
🎯 L’objectif ici : désamorcer, sensibiliser et outiller. Sans moraliser. Parce qu’on est tous en chemin.
« Le handicap n’est pas toujours visible… mais nos maladresses, si. »
Bienvenue dans ce moment gênant :
– « Ah bon ? Mais vous avez l’air en pleine forme ! »
– « Ah oui… j’ai une RQTH. »
📌 Oups. Malaise dans la salle d’entretien.
👀 Ces situations, on les a tous déjà vécues. En tant que CIP, on veut bien faire, mettre à l’aise, trouver des solutions. Mais parfois, on en fait trop… ou pas assez. Et souvent, sans s’en rendre compte.
🧠 D’où l’intérêt de repérer ces petites phrases ou attitudes qui peuvent heurter, même dites avec le sourire.
🪞 Les 5 maladresses (très) courantes… et comment les désamorcer intelligemment :
💬 1. « Mais ça ne se voit pas ! »
➡️ L’intention : rassurer, dédramatiser.
🔧 Le hic : on invisibilise une souffrance, un effort permanent ou une réalité vécue.
✅ À dire plutôt :
« Merci de me le préciser, ça m’aide à mieux comprendre comment vous accompagner. »
🧪 Le petit plus Labo :
Remettre la personne au centre de son expertise : c’est elle qui connaît ses capacités, ses limites, son rythme. Pas nous.
🧏♂️ 2. « Mais vous pouvez quand même travailler, non ? »
➡️ Derrière cette question : une confusion entre handicap et inaptitude.
🔧 Le problème : on suggère que le handicap serait un « frein » absolu à l’emploi.
✅ À dire plutôt :
« Qu’est-ce qui fonctionne bien pour vous aujourd’hui dans un cadre professionnel ? Et sur quoi on peut vous appuyer ? »
👀 Astuce terrain :
Parlez d’aménagements possibles, pas de restrictions.
🧊 3. Ignorer totalement la RQTH (de peur de mal faire)
➡️ Le réflexe : éviter le sujet = éviter la bourde ?
🔧 Mais c’est pire : le silence peut être vécu comme un tabou… ou un rejet.
✅ À faire :
Demander si la personne souhaite en parler, en expliquant que ça peut ouvrir des droits et des leviers (Agefiph, Cap Emploi…).
💡 Conseil de labo :
Toujours rappeler que la démarche appartient à la personne. On propose, on n’impose jamais.
🎭 4. « Ah mais moi aussi j’ai mal au dos, je vous comprends ! »
➡️ Tentative d’empathie… qui tourne à la minimisation.
🔧 Erreur classique : comparer un mal-être ponctuel à une situation de handicap durable.
✅ À dire plutôt :
« Je ne peux pas me mettre à votre place, mais je suis là pour chercher des solutions adaptées avec vous. »
🧪 Rappel utile :
Pas besoin de tout comprendre pour être soutenant. Juste d’écouter, avec attention.
🙄 5. « Du coup, on vous classe dans quel handicap ? »
➡️ L’envie de comprendre… mais la question est intrusive.
🔧 L’effet : on transforme la personne en catégorie.
✅ À dire plutôt :
« Y a-t-il des informations que vous souhaitez partager sur ce qui pourrait faciliter votre accompagnement ou votre intégration professionnelle ? »
🚦Règle d’or Labo :
Ce n’est pas à nous de classifier. Ce n’est pas à eux de se justifier. Ce qui compte : le besoin, pas l’étiquette.
🔍 Et sur le terrain, on fait quoi concrètement ?
💡 Quelques bons réflexes à activer :
- Demander l’accord avant d’évoquer un sujet sensible. « Est-ce que vous êtes à l’aise pour qu’on en parle ensemble ? »
- Proposer des ressources sans forcer la main. Fiche Agefiph, Cap Emploi, référent handicap…
- Intégrer le sujet handicap dans TOUS les accompagnements, pas seulement quand la RQTH est posée.
- Se former en continu sur les enjeux du handicap invisible, neuroatypie, maladies chroniques, etc. (Et oui, c’est un chantier !)
✅ Tableau récap : Les essentiels à retenir
| ❌ À éviter… | ✅ À privilégier… |
|---|---|
| « Mais ça ne se voit pas ! » | « Merci pour votre confiance, je prends en compte ce que vous me dites. » |
| « Vous pouvez travailler, non ? » | « Sur quoi souhaitez-vous qu’on s’appuie pour avancer ? » |
| Silence gêné sur la RQTH | Question ouverte avec bienveillance |
| « Moi aussi j’ai mal au dos » | « Je vous écoute, chaque situation est unique. » |
| « C’est quel handicap exactement ? » | « Y a-t-il des aménagements à anticiper ensemble ? » |
🎓 Pour aller plus loin
🎤 Quiz express : Saurez-vous éviter les maladresses ?
- Est-il pertinent de demander le type exact de handicap à un bénéficiaire ?
- Une RQTH est-elle toujours visible ?
- Doit-on obligatoirement parler handicap si une RQTH est signalée ?
- Est-il juste de dire “vous avez l’air en forme” à une personne en RQTH ?
- Est-ce qu’un accompagnement CIP doit s’adapter en fonction des besoins, pas du diagnostic ?
(✅ Réponses : 1. Non / 2. Non / 3. Non / 4. Non / 5. Oui)
🧠 À retenir
🔹 Le handicap, ce n’est pas que du visible.
🔹 L’intention ne suffit pas toujours : la formulation compte.
🔹 Écoute, ouverture, et formation continue = le trio gagnant pour ne pas tomber dans le piège de la maladresse bienveillante.
🌀 Et vous, c’est quoi LA phrase que vous ne dites plus depuis que vous avez compris son impact ?
Lâchez vos pépites de terrain en commentaire.
On avance ensemble, et toujours… sans jugement.























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