En 2025, la France désigne la santé mentale comme Grande Cause Nationale. Une reconnaissance forte, presque tardive, qui marque le tournant d’un enjeu longtemps relégué au second plan : celui de notre équilibre intérieur, au travail comme dans la vie. Car oui, il n’y a pas de bonne insertion, pas de bonne santé… sans santé mentale.
Comprendre la santé mentale : au-delà des idées reçues
La santé mentale, ce n’est pas uniquement « ne pas être malade ». C’est un état dynamique d’équilibre, une capacité à faire face, à se projeter, à contribuer au collectif. L’Organisation Mondiale de la Santé la définit comme un « état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, faire face aux tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à sa communauté ».
Elle repose sur des facteurs génétiques, biologiques, environnementaux, sociaux… et professionnels. Et elle se compose de trois dimensions complémentaires :
- La santé mentale positive : promotion du bien-être, prévention des risques.
- Les troubles mentaux courants : anxiété généralisée, burn-out, dépression…
- Les troubles psychiatriques sévères : schizophrénie, bipolarité… parfois très bien stabilisés.
💡 Bon à savoir : une personne peut vivre avec un trouble et aller bien, tout comme quelqu’un peut ne pas être diagnostiqué et pourtant aller mal. La nuance est essentielle.
Santé mentale et travail : le lien ambivalent
Le monde professionnel est un facteur clé. Il peut être source de fragilité comme de rétablissement. Tout dépend des conditions :
🔻 Quand le travail fragilise
- 1 salarié sur 4 se déclare en mauvaise santé mentale.
- +31% d’absentéisme depuis 2019.
- Les secteurs les plus touchés : hébergement, médico-social, restauration, fonction publique…
- Causes fréquentes : surcharge, isolement, manque de reconnaissance, rythme effréné, ambiance délétère.
Résultat ? Burn-out, perte de sens, dépressions sévères. Et une parole encore trop souvent étouffée : seulement 1 personne sur 2 informe son employeur en cas de trouble.
✅ Quand le travail soutient
- L’activité professionnelle peut être un pilier de reconstruction identitaire.
- Le collectif favorise la socialisation, l’utilité, la reconnaissance.
- Des environnements bienveillants augmentent significativement le bien-être au travail et la productivité.
👉 Pour les personnes concernées par un handicap psychique, le travail peut être un moteur de rétablissement, à condition d’un accompagnement adapté.
Chiffres clés : état des lieux préoccupant
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Français en trouble psychique (an/an) | 13 millions |
| Dépression chez les 18-24 ans (2021) | 21% |
| Santé mentale = 1er poste de dépense | 23 milliards €/an |
| Coût économique total estimé | 163 milliards €/an |
🧑💼 Et malgré tout, seulement 21 % des personnes vivant avec un handicap psychique exercent une activité rémunérée, selon l’Unafam.
Grande Cause Nationale 2025 : une mobilisation collective
La désignation de la santé mentale comme grande cause vise à :
- Déstigmatiser les troubles psychiques.
- Prévenir et repérer précocement (en entreprise, à l’école, dans la société).
- Améliorer l’accès aux soins et aux parcours d’accompagnement.
- Favoriser l’inclusion globale (emploi, logement, loisirs).
🎯 Objectif : sortir du silence, changer de regard, et agir concrètement.
Agir pour la santé mentale : leviers et solutions
🏢 Dans les entreprises
- Obligation de prévention des risques psychosociaux.
- Formation des managers à la détection des signaux faibles.
- Mise en place de plans d’action : droit à la déconnexion, hotline psy, entretiens réguliers, espaces d’expression.
💡 À noter : seules 23% des entreprises ont un plan complet. Pourtant, celles qui en ont constatent +26% de salariés en bonne santé mentale.
🧑🏫 La formation aux Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM)
Un outil essentiel pour sensibiliser, agir, désamorcer, orienter. Basée sur un modèle international, elle se démocratise dans les entreprises, les collectivités… et même chez les CIP !
🔁 L’accompagnement au rétablissement
Inspiré des mouvements d’usagers, le concept replace la personne au centre : on peut vivre avec un trouble et avoir une vie sociale, professionnelle, et affective satisfaisante.
L’insertion au cœur du rétablissement : des dispositifs concrets
- Agefiph / FIPHFP : appui technique, aides, compensation, orientation…
- ESRP / ESPO : préorientation, reconversion, accompagnement pluridisciplinaire.
- Plateformes de réhabilitation psychosociale : projets de soins + emploi + inclusion.
- Emploi Accompagné (SE) : 50 % des personnes accompagnées en emploi, souvent en CDI. Soutien au salarié et à l’employeur.
- SE+ : expérimentation ANSA avec ateliers TCC : +22% de réussite. Intègre la remédiation cognitive, la pair-aidance.
- Structures innovantes : ClubHouse, Maison Perchée, CARE, Déclic Emploi, Delta Insertion, BURN’ette is BACK…
🎯 Le point commun ? L’autodétermination, le soutien entre pairs, et la personnalisation des parcours.
🌱 Un changement de regard, un changement de société
L’entreprise inclusive n’est pas un luxe : c’est une nécessité. Et cela passe aussi par :
- Des projets comme Inclusio (Messidor + Le Centsept) pour changer les représentations.
- L’entrée de la pair-aidance dans les équipes (emploi, soin, insertion).
- L’innovation numérique : applications, plateformes, outils connectés…
🚀 La santé mentale, c’est l’affaire de toutes et tous
En 2025, faisons de cette grande cause un vrai changement de braquet. Parlons-en. Formons-nous. Écoutons-nous. Et accompagnons chacun dans un projet de vie digne, stable et épanouissant.
Le travail peut être un facteur de souffrance. Mais bien encadré, il est aussi une clef de résilience.
💬 Changer notre regard, c’est déjà commencer à soigner.
🎯 Pour aller plus loin
- PSSM France : https://www.pssmfrance.fr
- Unafam : https://www.unafam.org
- ClubHouse France : https://clubhousefrance.org
- Fondation FondaMental : https://www.fondation-fondamental.org























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