Aujourd’hui, j’ai vécu une de ces journées qui rappellent à quel point notre métier de conseiller en insertion professionnelle confronte à la dure réalité.
Et croyez-moi, celle-ci était brutale.
Une expulsion au petit matin
Ce matin, j’ai rencontré une dame bouleversée. Elle venait d’être expulsée de son logement.
L’histoire est malheureusement classique : elle vivait en sous-location. Elle payait son loyer chaque mois, mais la personne qui encaissait l’argent ne reversait rien au propriétaire. Résultat : procédure, gendarmes à la porte, et ce matin… tout était terminé.
En quelques minutes, sa vie tenait dans deux sacs :
- Dans l’un : ses papiers, précieux mais insuffisants pour lui ouvrir des droits immédiats.
- Dans l’autre : quelques vêtements, l’essentiel pour survivre.
Une mère courage… mais sans filet
Cette femme est marocaine. Elle a quitté son pays après avoir échappé à une tentative de meurtre. Elle pensait trouver en France une protection, une nouvelle chance. Mais aujourd’hui, elle se retrouve seule, sans toit, avec 30 € en poche.
Sa fille, 12 ans, est en classe de 5e. Elle n’est pas au courant de ce qui se joue. Elle sortira ce soir de l’école en croyant rentrer « chez elle »… mais il n’y a plus de maison.
Le parcours kafkaïen de la recherche d’aide
Toute la journée, j’ai fait le tour des structures. J’ai appelé. J’ai insisté. J’ai frappé à toutes les portes.
La réponse a été la même, partout :
👉 « Appelez le 115. »
Seulement voilà, nous le savons : le 115 n’est pas une baguette magique. Il y a une liste d’attente interminable. Pas d’hébergement garanti ce soir, ni demain, ni après-demain. Concrètement, cela veut dire que cette femme et sa fille vont probablement dormir dans la rue.
Une réalité insoutenable
On peut parler de « droits », de « dispositifs », de « prises en charge ». Mais dans les faits, une maman avec sa fille de 12 ans est à la rue.
Et avec seulement 30 € en poche. Son dossier RSA n’est pas encore ouvert. Ses droits sociaux sont suspendus dans le vide administratif.
C’est une réalité qui dépasse les fiches de procédure.
C’est une réalité qu’aucun tableau Excel de suivi ne traduit.
C’est une réalité humaine, brutale, inacceptable.
Pourquoi je raconte ça
Je ne cherche pas à noircir le tableau. Je cherche à témoigner. Parce que derrière chaque « situation d’exclusion », il y a un visage, une histoire, une injustice.
Aujourd’hui, ce visage, c’est celui d’une mère qui a fui la violence dans son pays, qui a cru être en règle… et qui se retrouve avec deux sacs dans la rue, avec sa fille qui l’attend à la sortie de l’école.
👉 Et nous, acteurs de l’insertion, travailleurs sociaux, citoyens, que faisons-nous face à ça ?
C’est une question qui me brûle encore ce soir.
📌 Ce témoignage n’est pas un simple fait divers. C’est un rappel : derrière les dispositifs, il y a des vies. Et parfois, des vies qui tiennent à un coup de fil, une décision, une place d’hébergement.
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