Cette semaine est cruciale car elle pose les jalons de l’année 2026 : entre les nouveaux décrets de financement qui tombent comme des confettis un soir de carnaval et la « Semaine des métiers du tourisme » qui nous rappelle que 60 000 postes cherchent toujours preneurs , on a de quoi faire chauffer les méninges. Au Labo des CIP, on a épluché les rapports de la DARES et les FAQ ministérielles pour vous livrer l’essentiel, sans le jargon qui pique les yeux. On va parler de reconversion, de chiffres qui bousculent, et de ces pépites numériques qui vont nous sauver la mise quand on devra expliquer à un usager pourquoi son actualisation est SA priorité de la semaine. Allez, on s’installe, c’est l’heure de la veille!
📰 Emploi & Marché du travail — Ce qu’on voit bouger sur le terrain
L’actualisation France Travail : Le nerf de la guerre de février
On ne le répétera jamais assez : l’actualisation, c’est la base. Pour ce mois de février 2026, le calendrier est serré. Si le virement bancaire des allocations de janvier a débuté le 2 février, il ne faut pas oublier que la clôture de l’actualisation pour le mois en cours approche déjà à grands pas à la fin du mois.
| Mois d’indemnisation | Ouverture de l’actualisation | Paiement à partir du |
| Janvier 2026 | 28 janvier 2026 | 2 février 2026 |
| Février 2026 | 26 février 2026 | 2 mars 2026 |
| Mars 2026 | 28 mars 2026 | 1er avril 2026 |
Source : Service-Public.fr, « Allocation chômage – Calendrier 2026 des paiements et de l’actualisation », publié le 19 décembre 2025. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A15359
L’analyse du Labo : Pourquoi on vous en parle maintenant? Parce qu’en début de mois, on récupère souvent les « naufragés de l’actualisation ». Un retard de quelques jours et c’est tout l’équilibre financier de l’usager qui vacille (loyer, transport, cantine). Dans notre quotidien de CIP, anticiper ce calendrier avec les bénéficiaires les plus fragiles, c’est leur éviter de basculer dans une urgence sociale qui paralyserait leur recherche d’emploi. Rappelez-leur que s’actualiser tôt, c’est être payé tôt. C’est mathématique, c’est pratique, c’est Labo!
💡 À tester cette semaine Créez une petite carte mémo « Calendrier 2026 » à glisser dans le porte-carte de vos usagers.
Chiffres DARES : Une fin d’année 2025 sous tension
Le rapport de la DARES publié le 29 janvier et analysé massivement cette semaine nous donne une vision claire (et un peu préoccupante) de l’état des troupes. Au 4e trimestre 2025, la France compte 5 752 600 inscrits en catégories A, B, C. C’est une hausse de 1,0 % par rapport au trimestre précédent.
Ce qu’il faut retenir du marché :
- L’intérim fait de la résistance : Après une hausse en novembre, l’emploi intérimaire a encore grappillé 0,5 % en décembre 2025 (+3 200 intérimaires). Mais attention, sur un an, la tendance reste à la baisse (-1,1 %). L’intérim n’est plus le moteur increvable d’autrefois.
- Les tensions s’apaisent… mais pas partout : En 2024, les tensions ont diminué. On est passé de 7 métiers sur 10 en « tension forte » à 6 sur 10. Cela signifie que les recruteurs trouvent un peu plus facilement des candidats, mais que pour nous, l’accompagnement doit être encore plus qualitatif pour faire la différence.
| Indicateur (Fin 2025) | Valeur | Évolution (Trimestrielle) |
| Inscrits Cat. A, B, C | 5 752 600 | +1,0 % |
| Emploi salarié privé | ~ Stable | -0,1 % |
| Emploi intérimaire | +3 200 | +0,5 % |
Source : DARES, « Les inscrits à France Travail au 4e trimestre 2025 », 29 janvier 2026. https://dares.travail-emploi.gouv.fr/
L’analyse du Labo : On voit bien que le nombre de demandeurs d’emploi augmente alors que les créations d’emplois salariés stagnent (-0,1 % au dernier trimestre). Pour nous, le message est clair : il faut miser sur les compétences. Si le marché ralentit, seuls les profils les mieux préparés (ou les plus agiles) décrocheront le Graal. C’est le moment de ressortir nos outils de diagnostic territorial pour identifier les poches de recrutement locales qui résistent à la grisaille nationale.
Le profil des radiés : Qui sont les oubliés du système?
Une étude croisée DARES / Vie-Publique publiée cette semaine jette une lumière crue sur les sorties de listes. Les radiations ne sont pas réparties équitablement, loin de là.
Le portrait-robot du radié en 2026 :
- Majoritairement des hommes : 61 % contre 50 % chez les non-radiés.
- Des jeunes : 28 % ont moins de 25 ans (contre 20 % dans la population globale des demandeurs d’emploi).
- Peu diplômés : Seulement 5 % ont un Bac+3 ou plus.
Les conséquences post-radiation : C’est là que ça pique. Trois mois après une radiation, 28 % des personnes deviennent bénéficiaires du RSA, contre 14 % pour les autres sortants. 1 Pire, 70 % des radiés se réinscrivent dans l’année, prouvant que la radiation est souvent un coup d’épée dans l’eau qui ne règle pas le problème de l’insertion. 1
Source : Vie-Publique.fr, « Demandeurs d’emploi : que deviennent les radiés de France Travail? », d’après les données Dares, février 2026. https://www.vie-publique.fr/en-bref/299513-demandeurs-demploi-que-deviennent-les-radies-de-france-travail
L’analyse du Labo : Ces chiffres confirment ce qu’on voit sur le terrain : la radiation punit souvent ceux qui maîtrisent le moins les codes administratifs. Un jeune sans diplôme qui ne répond pas à une convocation, c’est rarement de la mauvaise volonté, c’est souvent un problème de mobilité, de compréhension du mail ou de santé mentale. En tant que CIP, notre rôle est de « sécuriser » ces profils avant que le couperet ne tombe. On ne lâche personne!
💡 À tester cette semaine Identifiez dans votre portefeuille les usagers qui n’ont pas donné de nouvelles depuis 15 jours. Un petit coup de fil « préventif » pour vérifier s’ils ont bien reçu leurs convocations peut sauver un parcours. Rappelez-leur l’importance de l’espace personnel, c’est leur bouclier anti-radiation.
Semaine des métiers du tourisme : 90 métiers à découvrir!
Du 2 au 8 février 2026, c’est la fête (et le boulot) dans le secteur du tourisme. Pilotée par la Direction Générale des Entreprises, cette 4ème édition est un carrefour stratégique pour nos usagers en recherche de reconversion ou de job saisonnier.
Pourquoi c’est important? Le secteur est en manque chronique de bras. Fin 2025, 60 000 postes étaient vacants dans l’hôtellerie-restauration.
- Où? Partout en France, avec des focus régionaux forts (Centre-Val de Loire, Normandie, PACA).
- Pour qui? Tous niveaux, du commis de cuisine au manager de complexe hôtelier.
Quelques événements phares de la semaine :
- Webinaires nationaux : « Se lancer dans l’aventure Food Truck » (2 fév) et « Réussir son projet entrepreneurial en restauration » (5 fév).
- Actions locales : Visites de coulisses d’hôtels (Hilton à Tours le 6 fév), détections de potentiel à Romans-sur-Isère (6 fév) et même des « restaurants éphémères » style job dating à Honfleur.
Source : France Travail, « Semaine des métiers du tourisme », février 2026. https://www.francetravail.fr/actualites/semaine-des-metiers-du-tourisme.html
Le tourisme, c’est souvent la porte d’entrée idéale pour ceux qui veulent « apprendre en faisant ». Avec la nouvelle Période de Reconversion, c’est le moment d’orienter des salariés qui veulent quitter l’industrie pour les métiers de l’accueil. Attention toutefois aux conditions de travail : le « sens du service », oui, mais on surveille l’équilibre vie pro / vie perso des bénéficiaires qu’on envoie au front.
💡 À tester cette semaine Utilisez le padlet de ressources « Hôtellerie-Restauration » proposé par les régions pour montrer des vidéos métiers en atelier. Rien de tel qu’une image pour casser les préjugés sur les « horaires coupés ». https://orientation.centre-valdeloire.fr/actualites/semaine-des-metiers-du-tourisme
🎓 Formation & Compétences — Ce qui se prépare dans les labos de la formation
Le Nouveau Dispositif : La Période de Reconversion (Bye Bye Pro-A)
C’est LA grande nouveauté du 1er février 2026. La loi du 24 octobre 2025 (dite loi Senior) a fusionné les anciens dispositifs de transition pour créer un outil unique et, on l’espère, plus efficace : la Période de Reconversion.
Fiche Minute Labo : La Période de Reconversion
- Objectif : Changer de métier sans quitter son employeur (interne) ou en préparant son départ (externe) via une formation certifiante (RNCP, CQP ou blocs de compétences).
- Public cible : TOUT salarié, peu importe l’âge, l’ancienneté ou la qualification. Oui, même les cadres!.
- Ressource : Financement assuré par les OPCO (sur les fonds de France Compétences). Le CPF peut être mobilisé en co-construction.
- Astuce Labo : La durée est désormais de 150h minimum à 450h maximum sur 12 mois (sauf accord de branche qui peut pousser jusqu’à 2100h sur 36 mois).
Le « truc » à savoir (le CDD de reconversion) : C’est la petite révolution du Code du travail (Art. L1242-3, 5°). Un salarié peut suspendre son contrat d’origine pour aller tester un nouveau métier dans une autre entreprise via un « CDD de reconversion » d’au moins 6 mois. Si la période d’essai est concluante dans la nouvelle boîte, le contrat d’origine est rompu. S’il y a un souci, il peut (parfois) réintégrer son poste initial. C’est le filet de sécurité ultime pour la mobilité!.
Source : Ministère du Travail, FAQ « La période de reconversion », mise à jour le 3 février 2026. https://travail-emploi.gouv.fr/la-periode-de-reconversion
L’analyse du Labo : On gagne en lisibilité, mais attention à la tuyauterie financière. Les OPCO vont avoir des budgets contraints cette année (merci le PLF 2026 et ses baisses de dotations). Pour nous, CIP, il va falloir être des champions de l’ingénierie financière pour marier CPF, fonds OPCO et investissement entreprise. Ne tardez pas à vous rapprocher des conseillers Constructys ou Uniformation pour vos dossiers en cours.
Inégalités et Origine Migratoire : Le pavé dans la mare de la DARES
Le 4 février 2026, la DARES a publié son document d’études N° 286 sur la participation à la formation professionnelle selon l’origine migratoire.
Le constat : Même si l’écart s’est resserré depuis 10 ans, les immigrés et descendants d’immigrés accèdent toujours moins à la formation continue que les « natifs ». Ce n’est pas forcément une question de motivation, mais de structure d’emploi : ils occupent plus souvent des postes dans des secteurs ou des petites entreprises qui forment peu.
Source : DARES, « La participation à la formation professionnelle : des inégalités selon l’origine migratoire? », Document d’études n° 286, 4 février 2026. https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/la-participation-la-formation-professionnelle-des-inegalites-selon-lorigine-migratoire
L’analyse du Labo : Ce rapport nous rappelle que l’égalité des chances en formation n’est pas encore gagnée. Pour nous, c’est un signal pour redoubler d’efforts sur l’accès à l’information. Beaucoup de nos publics allophones ne savent pas qu’ils cumulent des droits CPF. À nous de faire de la pédagogie « hors les murs »!
Allophones : Le français devient un droit de formation en entreprise
Dans la foulée de la loi Immigration, deux décrets publiés fin décembre 2024 et pleinement opérationnels en cette semaine de février 2026 changent la donne pour les salariés étrangers.
Ce qui change concrètement :
- Obligation de formation : L’employeur peut désormais proposer, dans le cadre du plan de développement des compétences, des formations de Français Langue Étrangère (FLE).
- Temps de travail : Cette formation est assimilée à du temps de travail effectif avec maintien de la rémunération.
- Objectif : Atteindre au moins le niveau A2 du cadre européen.
L’analyse du Labo : C’est une aubaine pour les entreprises en tension (BTP, Agroalimentaire) qui emploient beaucoup de travailleurs étrangers. Plus besoin d’attendre le bon vouloir de l’OFII ou d’un cours du soir associatif. Le français devient un outil professionnel au même titre que l’habilitation électrique. Informez vos entreprises partenaires : une meilleure maîtrise du français, c’est moins d’accidents du travail et plus de productivité!. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050871772 , https://www.fr.adp.com/ressources/documentations/articles/e/salaries-allophones-et-formation-a-la-langue-francaise.aspx
⚙️ Outils & Ressources CIP — Les pépites numériques de la semaine
PIX Emploi : Évaluer sans stresser
On en a entendu parler lors des webinaires de la semaine : Pix Emploi se déploie massivement pour les demandeurs d’emploi et les jeunes peu qualifiés.
- C’est quoi? Un parcours d’évaluation des compétences numériques (recherche d’info, communication, sécurité).
- Le petit plus : C’est gratuit et ça permet de décrocher une certification reconnue par les recruteurs. Pour un usager qui se dit « nul en informatique », obtenir ses premiers points Pix, c’est un boost de confiance incroyable!
- Lien : https://pix.fr/
Alerte Budget : L’inclusion numérique en danger?
Petit bémol dans notre enthousiasme numérique : le PLF 2026 prévoit une coupe drastique de 66 % sur les crédits dédiés aux Conseillers Numériques. Seulement 14 millions d’euros resteraient pour finir les engagements en cours, sans nouveaux recrutements. Conséquence pour nous : Les relais de médiation numérique dans les quartiers (QPV) ou les zones rurales (FRR) risquent de se raréfier. Il va falloir que nous, CIP, soyons encore plus autonomes sur l’aide aux démarches en ligne des usagers. Préparez-vous à dégainer vos propres tutos!
🌍 Inclusion & Innovation sociale — Les idées qui inspirent et bousculent
Novapec 2026 : 4 millions d’euros pour vos idées!
L’Apec a lancé son appel à projets Novapec 2026 et vous avez jusqu’au 13 février pour postuler.
- L’objectif : Soutenir financièrement (minimum 5 000 €) des projets d’innovation sociale dans l’ESS.
- Les thèmes : Solidarité et inclusion, développement des territoires, transition écologique.
- Publics cibles : Cadres, jeunes diplômés (Bac+3), TPE-PME.
Pourquoi y aller? Si vous avez un projet de « bus de l’emploi » pour cadres seniors ou un programme d’accompagnement spécifique pour les jeunes diplômés issus de QPV, c’est le moment de chercher du financement. L’an dernier, 39 projets ont été soutenus. À vous de jouer!
- Lien : https://novapec.fr/
Cap’Handicook : Le talent n’a pas de handicap
Le réseau des Cap Emploi continue de promouvoir le concours national Cap’Handicook, qui met en lumière des cuisiniers en situation de handicap.
- L’idée : Casser les préjugés sur l’inaptitude en milieu ordinaire.
- Le message : En cette semaine du tourisme, rappelez aux restaurateurs que l’OETH (Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés) n’est pas une contrainte, mais une opportunité d’intégrer des talents passionnés et souvent très fidèles.
- https://www.cheops-ops.org/actualites/reseau/2026/grand-concours-culinaire-caphandicook-nouvelle-edition-2026.html
✨ La phrase du Labo de la semaine
« Un décret qui tombe, c’est une porte qui s’ouvre ; une radiation qui tombe, c’est un mur qu’on érige. Choisis tes outils, mais garde toujours ton sourire, c’est ton meilleur badge. »Voilà pour cette semaine riche en rebondissements! On espère que ce tour d’horizon vous aidera à y voir plus clair dans le brouillard des nouveaux dispositifs.
Allez, bon courage pour vos entretiens, et n’oubliez pas de prendre une vraie pause café! ☕️























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