Aujourd’hui, on met les pieds dans le plat avec un sujet qui nous concerne toutes et tous : l’accompagnement des jeunes majeurยทeยทs. On sait que c’est un vrai dรฉfi, une course de fond oรน chaque รฉtape compte. Le Guide juridique de mai 2025 de la Fรฉdรฉration des acteurs de la solidaritรฉ (FAS) est un petit bijou pour dรฉcrypter les avancรฉes de la Loi ยซย Taquetย ยป et surtout, comment les faire appliquer face aux rรฉalitรฉs du terrain, parfois complexesโฆ voire un peu ยซย rock’n’rollย ยป ! ๐ธ
Trois ans aprรจs sa promulgation, cette fameuse Loi ยซย Taquetย ยป (loi du 7 fรฉvrier 2022 ยซย relative ร la protection des enfantsย ยป) devait amรฉliorer la prise en charge de nos jeunes (super, n’est-ce pas ?), mais sur le terrain, on voit bien que c’est pas toujours la fรชte du slip, surtout avec les coups de canif de la loi ยซย immigrationย ยป de janvier 2024 qui compliquent la donne. ๐ฉ Mais bonne nouvelle : la FAS et le collectif Cause Majeur ! se sont mouillรฉs pour nous outiller juridiquement. C’est du concret, du lourd, et รงa va nous aider ร dรฉfendre nos jeunes avec les bons arguments !
Alors, accrochez-vous, on dรฉcortique les points clรฉs ร maรฎtriser.
L’Obligation de Prise en Charge !
Avant la Loi Taquet, les dรฉpartements pouvaient, s’ils le voulaient bien, accompagner les jeunes de moins de 21 ans sortant de l’ASE. Dรฉsormais, c’est une obligation ! Oui, vous avez bien lu : une OBLIGATION ! L’article L. 222-5 du Code de l’action sociale et des familles (CASF) est clair comme de l’eau de roche sur ce point.
Mais attention, cette obligation n’est pas sans conditions, elles sont mรชme cumulatives :
1. Ressources ou soutien familial insuffisants : le grand casse-tรชte ๐คฏ C’est LE critรจre oรน l’on doit sortir nos lunettes d’experts ! La loi dit ยซย ouย ยป insuffisant, mais la jurisprudence, cette coquine, l’interprรจte souvent comme ยซย niย ยป l’un ยซย niย ยป l’autre. En clair, les juges regardent l’autonomie du jeune. Par exemple, 800โฌ de salaire peuvent รชtre jugรฉs insuffisants si le jeune n’a aucun soutien familial, alors que 866โฌ peuvent รชtre ok si l’autonomie est dรฉmontrรฉe. C’est ร nous, CIP, d’apporter du grain ร moudre en montrant les rรฉalitรฉs du coรปt de la vie, du logement, de la scolaritรฉ ! La jurisprudence n’est pas figรฉe, alors on ne lรขche rien !
2. Avoir รฉtรฉ confiรฉยทe ร l’ASE avant sa majoritรฉ : la condition sine qua non (presque) ! ๐ รa, c’est la base. Si le jeune a รฉtรฉ pris en charge par l’ASE avant ses 18 ans, mรชme s’il ne l’est plus au moment de la demande, il a droit ร cette nouvelle prise en charge. ๐ก Le petit twist : Si la prise en charge n’a pas eu lieu avant la majoritรฉ, le dรฉpartement peut quand mรชme prendre le jeune en charge ร titre temporaire. Ce n’est pas une obligation ยซย en blocย ยป, mais le dรฉpartement DOIT sรฉrieusement examiner la situation. Si le jeune est vraiment dans le dรฉnuement total (ni ressources, ni soutien, ni perspectives), le juge pourrait bien forcer la main au dรฉpartement. Alors, mรชme dans ces cas ยซย limitesย ยป, le contentieux n’est pas inutile !
3. Ne pas faire l’objet d’une OQTF : le grain de sable de la loi immigration ๐ช๏ธ Ah, la fameuse Loi Immigration de janvier 2024… Elle a ajoutรฉ une condition de taille : pas de prise en charge si le jeune fait l’objet d’une Obligation de Quitter le Territoire Franรงais (OQTF). Mais attention, zone de nuance ! Le dรฉpartement doit quand mรชme examiner sรฉrieusement la situation, et si le jeune est en absence TOTALE de ressources et de soutien familial, le juge pourrait reconnaรฎtre une obligation pour le dรฉpartement, mรชme avec une OQTF. Important ร savoir :
โฆLa situation rรฉguliรจre n’est PAS une condition de prise en charge. Un jeune en situation irrรฉguliรจre SANS OQTF a toujours droit ร l’aide !
โฆLa qualitรฉ de demandeur d’asile ne supprime pas le droit ร l’ASE. Les conditions matรฉrielles d’accueil ne sont pas รฉquivalentes ร un vrai accompagnement !
โฆMรชme si l’OQTF est contestรฉe en justice et suspendue, certains tribunaux considรจrent que sa simple existence suffit ร รฉcarter le droit. C’est la pagaille juridique, mais le combat continue !
Les Faux-Prรฉtextes du Dรฉpartement : On ne nous la fait pas ! ๐ โโ๏ธ
Parfois, les dรฉpartements essaient de se dรฉfiler avec des raisons farfelues : ยซย il a fait des bรชtisesย ยป, ยซย il ne s’investit pas assez dans ses รฉtudesย ยป, ยซย on n’est pas sรปr de sa minoritรฉ d’avantย ยป. La bonne nouvelle : Le juge administratif les envoie gรฉnรฉralement balader ! Tant que les trois conditions de base sont remplies, ces ยซย autres รฉlรฉmentsย ยป ne justifient pas la fin de la prise en charge. Nos jeunes ont le droit ร l’erreur, et leur accompagnement doit s’adapter. Le dรฉpartement a un ยซย large choixย ยป dans le contenu du Contrat Jeune Majeur (CJM), il doit s’adapter, pas jeter le bรฉbรฉ avec l’eau du bain ! Exception rare : Seulement si le comportement rend totalement impossible ou trรจs difficile l’accompagnement dans son ensemble, le juge pourrait (trรจs rarement) limiter l’obligation du dรฉpartement.
Le Droit au Retour et la Fin d’Annรฉe Scolaire : Une Seconde Chance, Toujours ! ๐
โขLe Droit au Retour : Un jeune qui a รฉtรฉ pris en charge par l’ASE avant sa majoritรฉ, et qui a quittรฉ le dispositif, peut demander et obtenir une nouvelle prise en charge s’il rรฉpond aux conditions gรฉnรฉrales. C’est une bouรฉe de sauvetage cruciale !
โขFin d’Annรฉe Scolaire/Universitaire : Si un jeune majeur est en cours d’annรฉe scolaire ou universitaire, le dรฉpartement a l’obligation de lui proposer un accompagnement pour qu’il puisse terminer. Pas de sortie sรจche en plein milieu de l’annรฉe ! C’est logique, non ?
Le ยซย Contrat Jeune Majeurย ยป (CJM) : Attention, Fausses Apparences ! ๐
Le fameux CJM. On parle de ยซย contratย ยป, mais c’est une dรฉnomination trompeuse ! Juridiquement, ce n’est PAS un contrat, mais un acte administratif unilatรฉral. Consรฉquence majeure : Le dรฉpartement ne peut pas mettre fin au CJM juste parce que le jeune n’aurait pas rempli ses ยซย obligationsย ยป (pas de projet pro, pas assez investi, pas d’avancรฉes, etc.). On l’a tous entendu sur le terrain, n’est-ce pas ? ยซย Pas d’avancรฉe, pas de renouvellement !ย ยป Mais c’est ILLรGAL, sauf si l’une des trois conditions de base (ressources, ASE avant majoritรฉ, pas d’OQTF) n’est plus remplie ! Leรงon ร retenir : Si un dรฉpartement met fin au CJM pour ces motifs, c’est la voie du recours ! ๐ข
L’accompagnement, lui, doit รชtre GLOBAL. C’est-ร -dire qu’il doit couvrir tous les besoins : รฉducatifs, sociaux, santรฉ, logement, formation, emploi, ressources, et accompagnement administratif. Et si l’accompagnement est insuffisant ou inadaptรฉ (par exemple, seulement un hรฉbergement et pas d’aide aux dรฉmarches ou ร la formation), on peut aussi contester !
L’Interdiction de l’Hรฉbergement Hรดtelier : Une Victoire (presque) Totale ! ๐จ
Depuis le 1er fรฉvrier 2024, il est interdit d’hรฉberger les jeunes confiรฉs ร l’ASE ร l’hรดtel, sauf pendant les vacances scolaires ou les congรฉs. Les exceptions sont hyper encadrรฉes : En cas d’urgence et pour moins de 2 mois, dans des structures jeunesse et sports ou ยซย dรฉclarรฉesย ยป (qui peuvent inclure certains hรดtels). Mais mรชme lร , le dรฉpartement a des obligations lourdes : s’assurer que la structure est adaptรฉe, faire des visites rรฉguliรจres, assurer un accompagnement socio-รฉducatif et sanitaire, et avoir une prรฉsence physique de professionnels jour et nuit. La rรฉalitรฉ terrain : On sait que la saturation des services d’urgence fait que l’hรฉbergement hรดtelier risque de perdurer. Mais au moins, on a des arguments pour exiger des conditions dรฉcentes et un vrai suivi !
Faire Valoir les Droits : Le ยซย Kit de Survieย ยป du CIP โ๏ธ
En tant que CIP, notre rรดle ne s’arrรชte pas ร l’accompagnement. Parfois, il faut monter au crรฉneau pour dรฉfendre les droits de nos jeunes. Et รงa, รงa passe par la connaissance des recours possibles :
โขLes rรฉfรฉrรฉs (libertรฉ ou suspension) : L’urgence, c’est leur maรฎtre mot. Le rรฉfรฉrรฉ-libertรฉ, c’est le ยซย super-hรฉrosย ยป des urgences extrรชmes (dรฉcision en 48h !) pour les refus ou fins de prise en charge brutales. Le rรฉfรฉrรฉ-suspension est plus souple et adaptรฉ pour contester les modalitรฉs de l’accompagnement (comme un hรฉbergement hรดtelier non conforme).
โขLe recours au fond : C’est le ยซย jugement dรฉfinitifย ยป. C’est plus long (environ un an), mais c’est lร que le litige est tranchรฉ pour de bon. Ce qui a รฉtรฉ refusรฉ en rรฉfรฉrรฉ peut trรจs bien รชtre accordรฉ au fond ! Et c’est aussi comme รงa qu’on fait รฉvoluer la jurisprudence pour les jeunes qui suivront. Chaque recours compte !
โขLe recours en responsabilitรฉ : Pour demander des dommages et intรฉrรชts au dรฉpartement. รa prend du temps, mais รงa peut mettre une pression financiรจre sur les dรฉpartements qui ne respectent pas leurs obligations. Une faรงon de dire : ยซย รa suffit, les promesses non tenues ont un coรปt !ย ยป
Le guide de la FAS est une mine d’or pour vous aider ร argumenter, ร aiguiser vos rรฉflexes juridiques et ร รชtre des dรฉfenseurs encore plus affรปtรฉs des droits de ces jeunes qui nous font confiance. N’oubliez jamais : votre expertise du terrain, combinรฉe ร ces appuis juridiques, fait toute la diffรฉrence !
๐ Alors, prรชtยทeยทs ร devenir des champions de l’accompagnement des jeunes majeurยทeยทs ? Quel est le cas le plus ยซย insoliteย ยป que vous ayez rencontrรฉ et pour lequel ces infos auraient รฉtรฉ utiles ? Partagez vos expรฉriences en commentaire ! ๐























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