ADVP : Mission Orientation

4 étapes. Une seule mission : choisir sa voie. Et … ce ne sera pas une ligne droite.

Il est 9h du matin et vous, conseiller en insertion professionnelle (#ConseillerEnInsertion), vous apprêtez à accueillir Samir, 19 ans, qui débarque sans aucune idée de métier en tête. Face à son angoisse de l’avenir, vous vous demandez : comment l’aider à trouver sa voie sans lui imposer un plan tout fait ? 🤔 Vous avez déjà tenté les tests d’orientation classiques, les entretiens formels… sans grand succès. Et si vous essayiez une approche différente, plus ludique et expérientielle, pour activer son potentiel ? C’est là qu’intervient la méthode ADVP (Activation du Développement Vocationnel et Personnel), un trésor d’origine québécoise pensé pour guider chaque personne à devenir actrice de son projet. Dans cet article complet, nous allons explorer ensemble cette démarche pas à pas : ses principes, ses 4 phases, des outils concrets (du photolangage aux arbres de vie 🌳), des avantages et limites, des témoignages inspirants, et même un quiz final pour tester vos connaissances. Prêt à booster votre avec une touche de nouveauté ? Alors embarquez dans l’univers de l’ADVP, la méthode qui donne un vrai coup de pouce à l’#InsertionProfessionnelle, avec sérieux et une pincée de bonne humeur ! 😉

Qu’est-ce que la méthode ADVP ? Origines et principes clés

L’Activation du Développement Vocationnel et Personnel (ADVP) est une méthode d’orientation et d’insertion née au Québec dans les années 1970. Elle a été créée en 1974 par trois experts canadiens – Denis Pelletier, Charles Bujold et Gilles Noiseux – à l’Université Lavalfr.wikipedia.org. Importée en France peu après sa création, notamment via l’Université Lyon II et des pionniers comme Geneviève Latreille, elle s’est depuis largement diffusée auprès de publics variés (de collégiens à seniors en reconversion)fr.wikipedia.org. Son succès s’explique par une approche résolument innovante pour l’époque, toujours terriblement efficace aujourd’hui.

Une démarche constructiviste et expérientielle. L’ADVP s’appuie sur des fondations théoriques solides : les travaux sur les étapes du développement vocationnel (Eli Ginzberg, Donald Super, Tiedeman & O’Hara) qui ont inspiré sa structure en 4 étapes, le modèle d’intelligence de Guilford (qui distingue différents modes de pensée mobilisés à chaque phase), et surtout l’approche centrée sur la personne de Carl Rogersfr.wikipedia.org. En clair, c’est une démarche éducative qui place la personne accompagnée au centre de son expérience. On considère que chaque individu possède en lui les ressources pour trouver ses propres solutions, dès lors qu’il est bien accompagnécommunaute.inclusion.gouv.fr. Cette philosophie, très humaniste, rejoint les principes du constructivisme : l’individu construit son projet au fil de ses actions et réflexions, en interaction avec son environnementle-patio-formation.fr. Finie l’orientation où le conseiller décide pour le bénéficiaire ; ici, on croit fermement au pouvoir d’auto-détermination de la personne, pour peu qu’on l’aide à faire émerger ses aspirations profondes.

“Toute personne est capable d’agir sur son devenir.” Cette phrase-clé résume l’ADVPfondation-jae.org. En pratique, la méthode invite le bénéficiaire à explorer qui il est, ce qu’il veut et ce qu’il peut, tout en le reconnectant à ce qui fait sens pour lui. Le conseiller, lui, adopte une posture de facilitateur bienveillant : il écoute, questionne, encourage, mais ne fait pas à la place. Comme le dit l’adage, “Seule la personne sait ce qu’elle sait faire, veut faire et peut faire, mais elle a besoin d’outils pour y arriver”orient-avenir.fr. L’ADVP fournit justement ces outils et un cadre rassurant pour avancer pas à pas.

Orientation et insertion : une double finalité. L’originalité de l’ADVP est d’articuler l’orientation (choix d’un métier ou d’un projet professionnel) et l’insertion (trouver sa place dans la société). La démarche part des premières questions que la personne se pose sur elle-même et l’amène jusqu’au plan d’action concret pour réaliser son projetfr.wikipedia.orgfr.wikipedia.org. Elle veille à relier en permanence la personne et son environnement socio-économique, familial, culturel. En ce sens, l’ADVP vise finalement l’élaboration d’un véritable projet de vie, dont le travail n’est qu’une composante parmi d’autres, pour aider chacun à se sentir heureux et utile à sa placefr.wikipedia.org. Cette approche globale la rend adaptable à tous types de publics (jeunes déscolarisés, demandeurs d’emploi de longue durée, migrants, personnes en situation de handicap, cadres en reconversion, seniors en retraite, etc.)fr.wikipedia.org.

Une méthode éprouvée et reconnue. Si la méthode ADVP a plus de 50 ans d’existence, elle n’a pas pris une ride. Elle est aujourd’hui intégrée dans de nombreux dispositifs en France : ateliers d’orientation à Pôle Emploi, programmes des Missions Locales, bilans de compétences, accompagnement en Écoles de la Deuxième Chance, etc.fr.wikipedia.org. Mieux, elle figure en bonne place dans les cahiers des charges officiels : par exemple, un rapport de la Cour des Comptes (20 janvier 2016) recommande de s’inspirer de l’ADVP pour améliorer l’insertion des jeunes, en privilégiant les méthodes qui favorisent l’autonomie plutôt que des approches prescriptivesle-patio-formation.fr. Autrement dit, même les instances officielles saluent cette démarche participative où le bénéficiaire devient acteur. Pas étonnant que la initiale inclue souvent une initiation à l’ADVP, tant cette méthode enrichit la palette de compétences des conseillers d’orientation/insertion.

Avant de plonger dans le concret, retenons que l’ADVP n’est pas juste un protocole en quatre étapes : c’est d’abord un état d’esprit. Celui de croire en la capacité de développement de chacun, de considérer l’orientation non comme un test à résultat immédiat, mais comme un processus d’apprentissage. Cette posture change tout dans la relation d’accompagnement : on avance avec la personne, à son rythme, on la laisse expérimenter, exprimer, se tromper éventuellement, pour mieux grandir. Maintenant, voyons comment tout cela se traduit avec les fameuses quatre phases de l’ADVP.

Les 4 phases de la méthode ADVP : Explorer, Cristalliser, Spécifier, Réaliser

L’ADVP se structure en quatre phases clés pour accompagner la définition d’un projet professionnel : Exploration (“Je découvre !”), Cristallisation (“J’envisage !”), Spécification (“Je décide !”) et Réalisation (“Je passe à l’action !”). Chaque phase mobilise un type de réflexion (créative, catégorielle, évaluative, implicative)fr.wikipedia.org et permet de progresser dans la construction du projet. communaute.inclusion.gouv.frcommunaute.inclusion.gouv.fr

La méthode ADVP propose un cheminement en 4 phases successives, inspirées des modèles théoriques, pour guider la personne du brouillard initial jusqu’au plan d’action concret. Ces phases – Exploration, Cristallisation, Spécification, Réalisation – peuvent sembler aller de soi, mais elles apportent un cadre clair pour structurer vos accompagnements. Chacune correspond à une tâche et à un état d’esprit spécifique. Passons-les en revue, avec leur objectif et des exemples concrets d’application en entretien ou atelier.

✨ Phase 1 : Exploration (Je découvre…)

Objectif : Inviter la personne à découvrir tous azimuts, sans autocensure. C’est la phase où l’on fait l’inventaire de soi et de son environnement. On encourage la curiosité et la pensée créative. L’idée est de recueillir un maximum d’informations variées sur le bénéficiaire : ses intérêts, ses goûts, ses valeurs, ses traits de personnalité, ses compétences, mais aussi son contexte de vie, ses expériences marquantes, et le monde professionnel qui l’entoure (quels métiers connaît-il ? comment perçoit-il la “réalité” du travail ?). On ouvre le champ des possibles.

Comment faire ? Concrètement, en entretien individuel, on peut démarrer par un questionnement large : « Racontez-moi vos expériences passées, qu’elles soient professionnelles, scolaires ou personnelles. Qu’est-ce que vous aimiez faire enfant ? Quel est le dernier projet dont vous étiez fier ? » L’objectif est de faire parler la personne d’elle-même, dans toutes ses dimensions. On peut utiliser des outils ludiques : par exemple, un photo-langage pour évoquer ses émotions et représentations (en choisissant une image qui “représente son état d’esprit actuel” – nous reparlerons du photolangage plus loin), ou encore un génogramme de compétences (lister toutes les activités qu’elle sait faire, des plus anodines aux plus techniques). En groupe, des exercices comme la galerie de portraits fonctionnent bien : chaque participant présente un personnage (réel ou fictif) qu’il admire et, collectivement, on dégage les qualités valorisées – un moyen détourné de révéler ce que chacun porte comme valeurs et aspirationsle-patio-formation.fr.

Exemple : Lors d’un atelier mission locale, Anaïs, 22 ans, décrocheuse scolaire, n’avait “aucune idée” de projet. En phase d’exploration, sa conseillère lui propose de raconter ses centres d’intérêt sans penser métier. Anaïs évoque sa passion pour la pâtisserie avec sa grand-mère. De fil en aiguille, elles explorent ce que la pâtisserie lui apporte (créativité, plaisir d’offrir, patience) et ce que cela révèle d’elle. La jeune fille ressort surprise de constater qu’elle a des atouts et des envies exploitables – première éclaircie dans le brouillard ! 🎂

En résumé, l’Exploration c’est le temps de la découverte : on brasse large, on fait émerger des éléments parfois insoupçonnés, on aide la personne à mieux se connaître et à élargir sa vision du monde du travailorient-avenir.fr. Aucune idée n’est écartée à ce stade. On ne se préoccupe pas encore de tri ou de réalisme, on sème des graines 🌱 – certaines germeront plus tard.

❄️ Phase 2 : Cristallisation (Je clarifie…)

Objectif : Après avoir collecté une moisson d’informations, il s’agit de mettre de l’ordre. La Cristallisation vise à structurer et clarifier les idées issues de l’explorationorient-avenir.fr. On passe de la pensée divergente à la pensée catégorielle : on regroupe ce qui se ressemble, on identifie des thèmes, des constantes. C’est un peu le moment où le brouillard commence à prendre forme de nuages identifiables 😉. On aide la personne à dégager des pistes de projet potentielles, à comprendre les liens entre ses intérêts, ses valeurs et des familles de métiers par exemple.

Comment faire ? Concrètement, on peut utiliser des tableaux ou cartes mentales. Par exemple, dresser avec le bénéficiaire la carte de ses idées : dans une colonne “Moi”, lister ses traits saillants (passion pour la cuisine, besoin d’aider les autres, attrait pour le dessin…), dans une colonne “Options pro”, lister toutes les idées de métiers ou secteurs évoquées en vrac lors de l’exploration, puis tracer des ponts entre tel trait et telle option (ah, tu aimes le dessin et aider les autres → as-tu pensé à l’art-thérapie ?). C’est aussi le moment de parler de valeurs : qu’est-ce qui est non négociable pour la personne (travailler en équipe, être utile à la société, gagner beaucoup d’argent…) ? On catégorise pour voir se dessiner un ou deux axes directeurs. Des exercices existent, par exemple le jeu des valeurs (classer des cartes “valeurs” par ordre d’importance) ou un SWOT personnel (Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces) adapté à l’orientation.

Exemple : À la Mission Locale, Julien, 24 ans, a exploré plein d’intérêts (sport, justice, relations humaines). En cristallisation, son conseiller l’aide à repérer un fil rouge : Julien aime défendre et coacher. Ensemble, ils regroupent ses idées de métiers en deux grandes familles : 1) le domaine juridique/sécurité, 2) le domaine social/sport. Julien réalise que dans les deux cas c’est la dimension “accompagnement” qui l’attire. Il tient là deux scénarios clairs à investiguer au lieu de dix idées floues.

En bref : la Cristallisation, c’est la phase de la clarification. On ordonne les informations et on commence à formuler des hypothèses de projet cohérentescommunaute.inclusion.gouv.fr. La personne voit plus clairement où elle pourrait aller. On est encore dans le « réfléchir », pas encore dans le choix définitif, mais on a transformé le vrac d’idées en quelques options structurées.

🎯 Phase 3 : Spécification (Je décide…)

Objectif : Place à la décision. La Spécification consiste à hiérarchiser les options et à faire un choix parmi les pistes envisagéesfr.wikipedia.org. C’est le moment de la pensée évaluative : on évalue chaque possibilité à l’aune de critères personnels (intérêt, motivation) et de la réalité (faisabilité concrète). L’enjeu est de retenir le projet le plus aligné avec la personne et le plus réaliste pour elle. On vise une décision éclairée, assumée.

Comment faire ? On peut procéder par comparaison des options. Un outil simple : la grille décisionnelle. Listez avec le bénéficiaire 2 ou 3 options de projet sérieuses (par ex. “préparer un CAP Pâtisserie” vs “devenir aide-soignant” vs “reprendre des études de droit”), puis pour chacune, notez les avantages et inconvénients, les freins et facilitateurs. On peut donner des critères : adéquation avec ses valeurs, niveau d’effort/d’études requis, débouchés d’emploi, contraintes familiales ou financières, etc. Parfois, un score apparaît clairement meilleur pour l’une des options. On peut aussi utiliser la technique du scénario catastrophe/rêvé : « Que se passerait-il si tu te lançais dans cette voie ? Imagine le meilleur scénario… et le pire. Te sens-tu prêt à assumer les risques ? » Cet exercice aide à projeter concrètement chaque choix et à voir celui où la personne se sent le plus à sa place.

Exemple : Marie, 45 ans, envisage soit de créer une petite entreprise de traiteur, soit de chercher un emploi stable comme agente administrative, après des années au foyer. En phase de spécification, son CIP lui fait comparer ces deux options. Marie réalise que l’entrepreneuriat la fait vibrer mais l’inquiète (investissement financier, incertitude), tandis qu’un poste administratif est sécurisant mais risque de l’ennuyer profondément. En pesant le pour et le contre, elle décide qu’à ce stade de sa vie, elle préfère tenter l’aventure de la cuisine, quitte à commencer en rejoignant une coopérative pour limiter les risques. Elle a fait son choix en conscience.

En résumé : la Spécification, c’est l’heure du choix raisonné. La personne confronte ses désirs à la réalité, évalue la faisabilité de chaque projet et en retient un (ou éventuellement deux max, dans l’exemple de Marie elle a priorisé un choix) qui lui semble à la fois désirable et réalisableorient-avenir.frcommunaute.inclusion.gouv.fr. C’est une étape délicate car on quitte le rêve pour s’engager vers une direction. Le rôle du CIP est d’aider à objectiver les choses (ni surestimer un obstacle, ni idéaliser une voie) et à s’assurer que le choix final est réaliste. On doit pouvoir passer à l’action derrière.

🚀 Phase 4 : Réalisation (Je passe à l’action !)

Objectif : On entre dans le concret. La Réalisation, c’est l’élaboration et la mise en œuvre du plan d’actionorient-avenir.fr. La personne, avec l’aide du conseiller, va planifier les étapes pour atteindre son objectif professionnel : quelles formations suivre, quelles démarches entreprendre, quels obstacles anticiper, quelles solutions de rechange prévoir. On mobilise ici la pensée implicative (implication, projection dans l’action). Il s’agit de transformer le projet en réalité opérationnelle.

Comment faire ? En entretien, cette phase ressemble beaucoup à un suivi de projet classique. On peut formaliser un plan d’action écrit : par exemple, remplir avec le bénéficiaire un tableau “Objectif – Actions – Échéances – Ressources – Difficultés possibles – Solutions alternatives”. Cela permet de découper le grand objectif final (ex : intégrer une formation X) en étapes gérables (prendre rendez-vous au CIO, préparer un dossier de financement, trouver un stage d’observation, etc.). Le CIP veille à ce que le plan soit réaliste (ni trop vague, ni surchargé) et insiste sur la nécessité d’un suivi : « On fait le point dans un mois pour voir où vous en êtes et ajuster si besoin ».* Il peut être utile de travailler aussi la motivation et l’auto-efficacité à ce stade, car passer à l’action peut faire peur. Des exercices de mise en situation (jeu de rôle d’entretien d’embauche, par exemple) ou de visualisation positive (se projeter en train de réussir telle étape) peuvent booster la confiance.

Exemple : Kevin, 30 ans, a défini son projet de devenir chauffeur routier après les étapes précédentes. En phase de réalisation, son conseiller l’aide à établir la liste des actions : se renseigner sur les financements du permis poids lourd, contacter deux centres de formation, actualiser son CV, etc. Ils programment des points d’étape toutes les 2 semaines pour garder la dynamique. Kevin repart avec une feuille de route claire et motivé comme jamais, car son objectif lui tient à cœur et il se sent accompagné. 💪

En bref : la Réalisation, c’est le passage du rêve à l’action. On planifie, on organise, on anticipe les difficultés, bref on concrétise le projetorient-avenir.fr. Cette phase est cruciale car un projet, même bien défini, ne sert à rien s’il reste sur le papier. L’ADVP prend tout son sens ici en aidant la personne à agir effectivement. Et bien sûr, le rôle du CIP est de soutenir, de suivre, de rassurer durant cette mise en œuvre (on est toujours dans l’accompagnement, pas dans “débrouille-toi tout seul”).

💡 Remarque. Même si on les présente de façon linéaire, ces 4 phases ne sont pas strictement étanches ni forcément successives une seule fois. L’ADVP est un processus itératif : on peut très bien revenir en arrière ou faire des mini-boucles. Par exemple, en phase de réalisation, un imprévu survient (formation annulée) ? On peut repasser par une mini-exploration de solutions alternatives, puis recristalliser et spécifier un nouveau plan. De même, lors d’un long accompagnement, on peut alterner ces phases selon les besoins. Flexibilité et adaptation restent de mise, tant que le fil conducteur du développement du projet est là.

Maintenant que vous avez en tête cette boussole en 4 étapes, voyons avec quels outils concrets vous, , pouvez la mettre en pratique sur le terrain pour animer vos ateliers ou entretiens. 🛠️

Boîte à outils ADVP : des exercices concrets pour vos ateliers 🎒

L’ADVP offre un cadre, mais ce qui la rend vraiment vivante, ce sont les outils pédagogiques et exercices pratiques qui l’accompagnent. Bonne nouvelle : cette démarche regorge d’activités ludiques, créatives et introspectives pour aider vos bénéficiaires à avancer à chaque phase, sans s’ennuyer une seconde. Voici une sélection d’outils phares que les CIP utilisent couramment en atelier ou en entretien individuel, et que vous pouvez vous aussi implémenter facilement. Préparez vos marqueurs, vos images et votre imaginaire. Le photolangage fait partie des outils créatifs de l’ADVP : en choisissant et commentant des images, les participants expriment idées, ressentis et émotions plus librement qu’avec des mots seuls. Cette approche ludique, développée dans les années 1960 par des psychiatres français, facilite la réflexion profonde en libérant la parole via la symbolisationview.genially.comview.genially.com.

  • Photolangage 🎴 – “Une image vaut mille mots.” Cet outil bien connu en éducation et en accompagnement consiste à utiliser des photographies ou illustrations comme déclencheurs de parole. Le photolangage a été développé à la fin des années 60 par deux psychologues français (Claire Belisle et Alain Baptiste^1) pour faciliter la communication en groupe. Concrètement, on propose au participant un choix d’images variées et on lui demande d’en sélectionner une en réponse à une question donnée (« Quelle image représente votre état d’esprit face à votre avenir professionnel ? » par ex.). Chacun présente son image et explique son choix, ce qui amène naturellement à verbaliser des émotions, des idées, des souvenirs. L’image sert de médiation, elle permet souvent d’exprimer l’indicible. Comment l’exploiter en ADVP ? – En phase d’exploration, le photolangage est idéal pour faire émerger les ressentis profonds et les représentations du travail. En phase de cristallisation, on peut l’utiliser pour illustrer la vision que chacun a de ses pistes (choisir une image “qui symbolise le métier X pour moi”, et discuter des stéréotypes ou attirances qu’elle révèle). En groupe, c’est également un formidable outil de cohésion : chacun partage, apprend à connaître les autres et s’aperçoit de la diversité des points de vuele-patio-formation.fr. Ludique et puissant à la fois, le photolangage met de la couleur et de l’émotion dans vos ateliers. 📷
  • Journal de bord 📖 – Tenir un carnet de bord de son parcours d’orientation peut sembler classique, mais c’est redoutablement efficace. Il s’agit d’encourager le bénéficiaire à écrire (ou dessiner) régulièrement ce qu’il vit dans l’accompagnement : ses réflexions du moment, ses doutes, ses découvertes, les actions qu’il a menées, etc. Ce journal réflexif favorise la prise de recul et l’auto-évaluation. Application ADVP : on peut proposer dès le début de l’accompagnement un carnet personnel à chaque participant, en expliquant que c’est son espace à lui. Entre les séances, invitez-le à y noter par exemple trois choses qu’il a apprises sur lui-même (phase exploration), ou à faire la synthèse écrite de ses critères de choix (après une séance de cristallisation), ou encore à planifier sa semaine (phase de réalisation). En plus de renforcer l’autonomie (il continue le travail hors de votre présence), ce carnet de bord constituera un fil rouge tout au long du projet. Et quel plaisir, en fin de parcours, de relire le chemin parcouru ! ✍️
  • Arbre de vie 🌳 – Directement inspiré des pratiques narratives en coaching, l’exercice de l’arbre de vie invite la personne à se représenter sous forme d’arbre, pour raconter son histoire de manière positive. Chaque partie de l’arbre correspond à un aspect de la vie : les racines symbolisent les origines, les bases (d’où je viens, ma famille, ma culture) ; le tronc représente les forces, compétences et valeurs (ce qui me tient debout) ; les branches sont les aspirations et projets (vers où je tends) ; les feuilles ou fruits sont les réussites et fiertés ; et les bourgeons peuvent symboliser les rêves à éclore. On peut dessiner un arbre et remplir chaque partie avec des mots-clés, des dessins, selon ce que la personne exprime. Utilité : L’arbre de vie est un outil très valorisant qui aide à restaurer l’estime de soi en faisant le bilan de manière métaphorique et ludique. En contexte d’insertion, il est particulièrement indiqué avec des publics fragilisés qui ont besoin de retrouver une image positive d’eux-mêmes. “L’arbre de vie est une méthode pour symboliser les histoires des personnes, ce qu’elles ont vécu, ce qu’elles veulent, ce qui est important pour elles”synergiecreactive.fr. En ADVP, il trouve sa place en phase d’exploration (pour explorer son passé et son présent de façon narrative) et peut même servir de synthèse finale (les branches concrétisées représentant alors le projet choisi). C’est souvent un moment émouvant en atelier quand chacun présente son arbre : on y voit des parcours uniques, des ressources insoupçonnées, et cela crée un bel élan de bienveillance collective. 🍃
  • Exercices de projection 🔮 – Se projeter dans l’avenir n’est pas inné pour tout le monde. L’ADVP, qui mise sur le développement personnel, utilise volontiers des jeux de projection pour aider à se voir dans telle ou telle situation future. Par exemple : écrire une lettre du futur (le bénéficiaire s’écrit à lui-même depuis 5 ans plus tard en décrivant ce qu’il est devenu – un moyen d’oser formuler un rêve) ; se raconter en super-héros (quel serait son pouvoir ? ses missions ? utile pour faire émerger les aspirations cachées sous une forme ludique) ; l’entretien d’embauche imaginaire (le conseiller joue le rôle du recruteur pour le métier visé, le participant se met en situation, puis on débriefe – idéal en phase de réalisation pour préparer concrètement une étape). Ces exercices mobilisent l’imaginaire et sont souvent appréciés des publics jeunes. Ils aident à lever certaines barrières psychologiques (« et si tout était possible, qu’aimerais-tu faire ? » – soudain on ose dire ce qu’on n’aurait pas osé formuler sérieusement). Ils peuvent être intégrés à la phase de spécification (pour tester son intérêt réel pour une option en se plongeant dedans) ou en réalisation (pour préparer l’étape suivante de manière vivante). ✨
  • Autres outils ludiques 🎲 – La galaxie ADVP regorge d’autres méthodes que vous pourrez découvrir : “Mallette Explorama”, “Chemin Faisant”, “Jeu du caillou”, “Projet sans la plume”, etc., souvent édités chez Qui Plus Est ou développés par des centres de formation. Par exemple, Le Projet sans la Plume est un ensemble d’activités permettant de travailler l’orientation sans passer par l’écrit (pratique pour des publics en difficulté avec la langue) ; Explorama est un jeu de plateau collaboratif pour explorer métiers et compétences de manière ludique. N’hésitez pas à enrichir votre propre mallette ! L’important est de toujours choisir l’outil en fonction de l’objectif de la phase : un outil d’émergence pour explorer (dessin libre, photolangage, brainstorming…), un outil d’analyse pour cristalliser (tri de cartes, matrices…), un outil d’aide à la décision pour spécifier (tableau comparatif, test de motivation…), un outil opérationnel pour réaliser (planning, simulation d’entretien, etc.). Avec un peu de créativité, on peut même détourner certains jeux existants en lien avec les phases ADVP.

En combinant ces outils et exercices concrets, vos ateliers ADVP deviendront de vrais laboratoires d’expérimentation pour vos bénéficiaires. On est loin du tête-à-tête classique et statique : ici ça bouge, ça réfléchit en s’amusant, ça crée des déclics. En plus, beaucoup de ces outils renforcent la cohésion de groupe et le partage d’expériences entre participants, ce qui est un bénéfice collatéral non négligeable (parce que l’insertion, c’est aussi rompre l’isolement). Bien sûr, la méthode ADVP ne fait pas tout toute seule. Voyons maintenant quels avantages vous pouvez en tirer, mais aussi les limites à connaître pour l’utiliser à bon escient.

Avantages et limites de l’ADVP dans l’accompagnement à l’insertion

Aucune méthode n’est parfaite ou universelle. Même si l’ADVP a de sérieux atouts dans la besace des CIP, il est important d’en connaître les forces et les faiblesses, afin d’en tirer le meilleur parti sans tomber dans les écueils. Faisons le point honnêtement sur les avantages et limites de l’ADVP dans un contexte d’insertion professionnelle.

👍 Les atouts incontestables de la méthode

  • Le bénéficiaire devient acteur de son projet. C’est LE point fort numéro un. L’ADVP repose sur le postulat que chacun a en lui des ressources et peut trouver ses solutionscommunaute.inclusion.gouv.fr. En pratique, la démarche favorise l’autonomie et l’engagement : la personne participe activement (exercices, réflexions, choix), ce qui la motive bien plus qu’un entretien passif. Elle prend confiance en sa capacité à décider. On observe souvent un gain de confiance en soi au fil des étapesorient-avenir.fr et une meilleure connaissance de son fonctionnement. Bref, le bénéficiaire apprend à se connaître et à se prendre en main – un apprentissage utile bien au-delà de l’insertion pro.
  • Une approche globalement valorisante et bienveillante. Loin de focaliser sur les manques ou les échecs, l’ADVP valorise les succès, qualités et aspirations de la personne. Par exemple, l’arbre de vie ou la galerie de portraits mettent en lumière le positif. Cette posture renforce l’estime de soi de publics parfois fragilisés. De plus, le conseiller adopte une posture d’écoute active et de non-jugement empruntée à Rogers, ce qui crée un climat de confiance propice aux ouvertures. On accueille la personne “là où elle en est” et on chemine avec elle, sans pression. Beaucoup de bénéficiaires témoignent se sentir respectés et entendus dans cette démarche, ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres accompagnements plus directifs.
  • Adaptable à tous les publics et tous les projets. Jeunes en quête d’orientation, demandeurs d’emploi de longue durée, personnes en reconversion, publics éloignés de l’emploi… l’ADVP a fait ses preuves avec des profils très variésfr.wikipedia.org. Parce qu’elle s’attache d’abord à la personne et à son projet de vie global, elle s’adapte aux objectifs de chacun : trouver un métier, mais aussi parfois clarifier un projet personnel plus large. Elle est utilisable en individuel comme en collectif, en présentiel ou potentiellement à distance (certains exercices peuvent être transposés en digital). Et elle ne nécessite pas de prérequis du côté du public, à part être volontaire pour réfléchir sur soi.
  • Une structure claire pour le CIP. Pour vous, conseiller, l’ADVP offre un fil conducteur rassurant pour organiser vos séances. Les quatre étapes servent de repères méthodologiques pour ne pas “brûler les étapes” ni tourner en rond. Cela vous aide à évaluer où en est la personne et quelle suite donner à vos entretiens. En outre, la méthode propose une palette d’outils riche (comme on l’a vu) qui vient diversifier vos accompagnements. Fini le risque de s’ennuyer ou de lasser le bénéficiaire : on peut sans cesse varier les approches. En somme, c’est un bon moyen d’enrichir vos pratiques professionnelles et d’éviter la routine.
  • Des résultats souvent concrets et durables. En conduisant la personne jusqu’à l’action planifiée, on augmente les chances qu’elle aboutisse à un projet réaliste. L’ADVP, si elle est menée sérieusement, ne s’arrête pas à de vagues idées : au final il y a un projet formulé, un plan d’action, une mise en mouvement. Même si le projet peut évoluer, la personne a acquis une méthode pour faire des choix. Nombre de CIP constatent que les personnes accompagnées en ADVP gagnent en clarté et en motivation pour la suite de leur parcours. Ce n’est pas magique (ils ne trouvent pas un emploi du jour au lendemain par enchantement), mais ils ont une direction et des outils pour avancer.
  • Reconnue par les institutions et la communauté pro. Comme évoqué, l’ADVP est recommandée dans les bonnes pratiques de l’accompagnement (on l’a citée dans un rapport public, également dans des référentiels de formation CIP). Cela lui confère une certaine légitimité. De plus, la communauté des praticiens ADVP est active : de nombreux formateurs, ouvrages, ressources (voir la section Ressources complémentaires plus bas) sont disponibles. Vous ne serez pas seul dans son application, et vous pourrez trouver facilement des retours d’expérience, conseils et adaptations auprès de vos pairs (via des blogs comme Le Labo des CIP de Gérald Vernay par exemple).

⚠️ Les limites et précautions à avoir en tête

  • Peut sembler longue ou “chronophage”. L’ADVP, c’est un voyage qui prend du temps. Il faut accepter d’y consacrer plusieurs séances, notamment en collectif. Dans un contexte d’insertion où l’on a parfois la pression du placement rapide en emploi, certains pourraient la trouver trop lente ou trop “détachée” de l’opérationnel immédiat. Il est vrai qu’on ne fabrique pas un projet solide en une heure ! Il faut donc convaincre de l’utilité du processus, et parfois composer avec des contraintes (par exemple, ménager des temps plus courts ou cibler l’essentiel si l’on n’a que 2–3 entretiens avec la personne). Astuce : Montrez que ce travail en amont fait gagner du temps ensuite, en évitant des orientations hasardeuses ou des échecs de projet faute de réflexion.
  • Nécessite une bonne formation du conseiller. On ne s’improvise pas praticien ADVP du jour au lendemain. Certes, les 4 phases paraissent simples, mais animer des exercices de photolangage, décoder un arbre de vie ou mener un entretien non directif, cela s’apprend. Il est recommandé aux CIP de se former spécifiquement à l’ADVP (il existe des modules de formation continue, souvent proposés par le CAFOC ou d’autres organismes, et même une certification de « praticien ADVP »). Sans formation, on risque de passer à côté de “l’esprit” de la méthode et de la réduire à une check-list d’étapes. Par exemple, savoir instaurer le climat de confiance rogerien, ou maîtriser les techniques de questionnement ouvertes, fait partie intégrante de l’approche. Heureusement, cette formation est très enrichissante pour votre posture globale d’accompagnement (elle vous servira même en dehors de l’ADVP).
  • **Attention au risque de projet “forcé”. C’est une critique formulée par certains : à trop vouloir que chacun ait un projet, on peut pousser artificiellement des personnes à formuler un projet même si elles ne sont pas prêtes ou si leur contexte ne le permet pas. Claude Revuz (1997) notait que l’ADVP peut inciter, malgré elle, à imposer aux individus l’idée qu’il faut à tout prix avoir un projet, au risque de faire semblantfr.wikipedia.org. En insertion, on rencontre des publics très démunis, ou psychologiquement bloqués, pour lesquels se projeter est déjà un énorme défi. Il faut alors adapter son accompagnement : parfois l’objectif ne sera pas un projet professionnel défini, mais déjà de retravailler la confiance ou lever des freins sociaux avant. L’ADVP n’est pas adaptée à des accompagnements entièrement contraints où la personne serait obligée de suivre la méthode sans y adhérer. La motivation et l’adhésion du bénéficiaire sont indispensables – sans cela, mieux vaut user d’autres approches pour remobiliser d’abord.
  • Un modèle de choix parfois trop “rationnel”. L’ADVP est construite sur un modèle de choix dit rationnel (on part de la personne, on élabore des options, on décide, on agit)fr.wikipedia.orgfr.wikipedia.org. Or dans la vraie vie, surtout en insertion, beaucoup de parcours relèvent du choix contraint ou rationnalisé – par exemple quelqu’un perd son emploi, doit vite rebondir, s’adapte à ce qu’il trouve et ensuite reconstruit du sens. Des chercheurs (Beauvois et Joule) ont montré que souvent, l’ordre est inversé : c’est l’environnement qui impose un changement et la personne fait avecfr.wikipedia.org. L’ADVP peut ne pas coller à ces situations d’urgence où on n’a pas le luxe de tout planifier dans l’ordre idéal. Comment gérer cela ? – En étant conscient que la méthode offre un cadre idéal, mais qu’on peut y entrer à différents points. Parfois on commence en phase 4 parce qu’il faut agir (ex: saisir une opportunité d’emploi) et on fera de l’exploration/cristallisation après coup pour aider la personne à donner du sens à ce qu’elle vit. Ne restons pas rigides : la vraie vie est plus chaotique que notre modèle, et c’est OK.
  • Des conditions matérielles à réunir. Animer un atelier ADVP, surtout en collectif, suppose d’avoir un contexte favorable : une salle adaptée (espace pour travaux en sous-groupes, mur pour afficher des posters, etc.), du matériel (jeux, images, paperboard…), du temps (idéalement des séances de 2–3h). Toutes les structures ne l’autorisent pas toujours. Par exemple, un conseiller en agence Pôle Emploi aux prises avec 200 demandeurs ne pourra peut-être pas dérouler un programme ADVP complet facilement. Il faut alors être créatif pour intégrer des bribes de la méthode dans son quotidien (par ex, utiliser le photolangage en entretien express de 30 minutes est possible !). Et pourquoi ne pas mutualiser avec des collègues pour organiser ensemble un atelier ADVP ponctuel ?

En somme, l’ADVP est un outil puissant, à manier avec discernement. Ses avantages l’emportent largement, notamment pour redonner du pouvoir d’agir aux personnes accompagnées, mais elle demande une vraie implication du conseiller et du bénéficiaire. Ce n’est pas une baguette magique 🪄 – plutôt une boussole et un kit de voyage. À vous de juger quand la sortir, comment l’ajuster au terrain, et jusqu’où aller dans son déploiement.

Témoignages du terrain : l’ADVP en action

Rien de tel que des histoires vécues pour illustrer l’impact de la méthode ADVP. Voici quelques témoignages et cas pratiques inspirés de situations réelles, qui montrent comment cette approche peut faire la différence dans la vie des bénéficiaires… et dans celle des conseillers qui l’utilisent.

Stéphanie, CIP en Mission Locale : “J’ai animé pour la première fois un atelier ADVP avec un groupe de 8 jeunes NEET (ni en emploi, ni en formation). Franchement, j’avais un peu peur qu’ils trouvent ça « barbant », mais ça a été magique. Lors de l’exercice du photo-langage, un jeune hyper réservé a choisi une photo de montagne en disant « je me sens au pied d’une montagne à gravir ». À partir de là, tout le groupe l’a encouragé, chacun a partagé son propre « sommet » à atteindre… Une solidarité est née ce jour-là. À la fin de l’atelier, il m’a confié qu’il se sentait « moins seul avec ses problèmes ». Et surtout, il est revenu la semaine suivante avec des idées de métiers liés à la nature, alors qu’il disait n’avoir aucun intérêt particulier. L’ADVP a allumé une petite étincelle chez lui.”

Ce témoignage illustre le pouvoir mobilisateur de la dynamique de groupe et des outils expérientiels. Les échanges ont permis une prise de conscience mutuelle et une remotivation d’un jeune en perte de repères.

Karim, 26 ans, accompagné par un PLIE : “Mon conseiller m’a fait faire un exercice de l’arbre de vie. Au début, je trouvais ça bizarre de dessiner, j’étais là pour trouver du boulot pas pour faire de l’art… Mais en remplissant les racines (mes origines algériennes, l’éducation que m’ont donnée mes parents travailleurs) et surtout le tronc avec mes forces (il m’a fait réaliser que parler trois langues c’est une sacrée compétence !), j’ai ressenti une fierté. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas vu de façon positive. Du coup, quand on a attaqué les branches, j’ai osé écrire un projet qui me tenait secret : créer un jour ma petite entreprise de traduction. On l’a mis comme « rêve »… et finalement, on a identifié des étapes pour y arriver. Aujourd’hui, je suis en formation de traducteur et pour la première fois, j’y crois.”

Karim souligne l’effet revalorisant de l’approche narrative (“je me suis senti fier”) et comment cela l’a aidé à formuler un projet ambitieux qu’il n’osait pas exprimer. L’ADVP, en travaillant sur l’identité et les aspirations profondes, a débloqué son audace. Son projet professionnel est né de cette reconnexion à ses talents et rêves.

Delphine, conseillère Pôle Emploi : “Avec les demandeurs d’emploi longue durée, je me sentais souvent démunie. Ils viennent découragés, sans trop y croire. J’ai commencé à intégrer des petits bouts d’ADVP dans mes rendez-vous mensuels. Par exemple, plutôt que de partir tout de suite sur les offres d’emploi, je prends 15 minutes pour une mini-exploration : « Qu’est-ce que vous aimez faire en dehors de votre recherche d’emploi ? » – ça surprend, mais ça ouvre la discussion. J’ai le cas d’une dame de 52 ans, chômeuse depuis 2 ans, qui broyait du noir en entretien. En lui faisant parler de ses passions (elle faisait du théâtre amateur), on a dévié sur l’importance du relationnel pour elle, et finalement… elle a envisagé de candidater comme animatrice en maison de retraite, ce qu’elle n’avait jamais envisagé car elle cherchait par défaut dans l’administratif. Elle a retrouvé un poste dans l’animation sociale et s’y épanouit. Depuis, je me dis que consacrer du temps à clarifier le projet, même dans nos contraintes de suivi, ça vaut vraiment le coup !”

Ce témoignage de Delphine montre qu’on peut adapter l’ADVP en format “léger” dans des suivis individuels. En posant quelques questions d’exploration inattendues, elle a aidé une bénéficiaire à élargir son horizon et à trouver un projet plus en adéquation avec elle. La méthode a apporté un vent de fraîcheur dans un entretien Pôle Emploi routinier et a permis une réorientation bénéfique.

Chacun de ces récits, à sa manière, illustre une facette de la méthode : la cohésion de groupe et la libération de la parole, la reconstruction de l’estime de soi et l’émergence d’un rêve, la redécouverte de motivations cachées menant à un nouvel objectif. Pour de nombreux CIP, adopter l’ADVP a été une révélation : « Enfin une approche où nos bénéficiaires ne sont pas réticents, au contraire ils en redemandent ! », « J’ai retrouvé du sens dans mon métier en les voyant évoluer et reprendre confiance ». Bien sûr, chaque expérience peut différer, et il y a aussi des cas où ça accroche moins (quelqu’un de très pressé d’avoir un emploi concret pourra s’impatienter des activités réflexives par exemple). Mais globalement, la valeur ajoutée de l’ADVP sur le terrain est largement documentée et appréciée.

Et si vous passiez à l’action ? 🎉

Vous l’aurez compris, la méthode ADVP est bien plus qu’un acronyme barbare de plus dans le monde de l’orientation. C’est une façon différente d’accompagner les personnes vers leur avenir, en les rendant actrices, en misant sur l’expérience et l’humain. En tant que CIP, ajouter cette corde à votre arc peut transformer vos accompagnements – et vos satisfactions professionnelles 😉. Alors, pourquoi ne pas tenter l’aventure ? Commencez modestement : proposez un petit exercice ADVP dans votre prochain entretien, ou organisez un atelier découverte avec quelques volontaires. Observez les réactions, ajustez… et vous verrez les bénéfices. Vos bénéficiaires repartiront peut-être avec le sourire, une étincelle dans les yeux, ou au minimum une meilleure connaissance d’eux-mêmes. Et vous, vous aurez la joie d’avoir semé ces fameuses graines de projet 🌱.

La balle est dans votre camp : oserez-vous activer l’ADVP dans votre pratique ? Que ce soit pour dépoussiérer vos ateliers d’#Orientation, redonner de la motivation à un groupe, ou simplement pour changer d’approche avec les personnes que vous accompagnez, l’ADVP mérite d’être expérimentée. Comme le dit un proverbe québécois imaginaire (inventé pour la cause) : « Donne à un homme un métier, il travaillera un temps. Apprends-lui à choisir son métier, il s’accomplira toute sa vie. » 😊

Allez, à vous de jouer : mettez une pincée d’ADVP dans votre prochain , et venez partager vos retours dans la communauté des CIP. Qui sait, vous aussi vous deviendrez un ambassadeur de cette méthode venue du froid canadien mais qui réchauffe tant de parcours humains. Bonne activation de développement vocationnel et personnel à tous ! 🎊

Rubrique CIP : Comprendre, Implémenter, Pratiquer

Pour terminer, voici un mémo en trois points (C.I.P – Comprendre, Implémenter, Pratiquer) pour passer de la théorie à la pratique sur le terrain :

  • Comprendre – L’ADVP est une démarche éducative centrée sur la personne, née au Québec, qui repose sur 4 phases (exploration, cristallisation, spécification, réalisation). Retenez qu’elle vise à rendre le bénéficiaire acteur de son projet en mobilisant ses ressources personnellescommunaute.inclusion.gouv.fr. Ce n’est pas juste un protocole, c’est un état d’esprit : croire en la capacité de chacun à évoluer et se construire un avenir, avec un accompagnement adéquat.
  • Implémenter – Pour intégrer l’ADVP à vos accompagnements, avancez pas à pas. Formez-vous si possible, puis commencez par introduire un outil (ex : photolangage) dans un atelier existant. Ensuite, structurez une séquence en suivant les 4 phases (même sur une demi-journée). Adaptez aux contraintes : il vaut mieux faire une petite exploration signifiante que vouloir tout faire en une fois. Créez vos supports (cartes, grilles) ou utilisez des ressources disponibles. Et surtout, adoptez la posture ADVP : écoute active, questions ouvertes, bienveillance, patience. Ne brûlez pas les étapes, et célébrez chaque petite avancée de la personne (un intérêt découvert, une idée clarifiée, etc.).
  • Pratiquer – Comme toute méthode, plus vous pratiquerez l’ADVP, plus vous serez à l’aise. N’hésitez pas à en faire un rituel dans vos programmations (par ex, un atelier mensuel ADVP dans votre structure). Participez à des groupes d’échange de pratiques entre CIP pour partager vos expériences ADVP (ce qui a bien marché, les difficultés rencontrées). Consultez régulièrement des ressources (blogs, ouvrages, vidéos – voir ci-dessous) pour piocher de nouvelles idées d’exercices. Avec le temps, vous saurez ajuster la méthode à votre style et à vos publics. La clé : garder l’esprit ouvert et continuer à apprendre, exactement ce que l’ADVP prône pour nos bénéficiaires… et pour nous-mêmes en tant que pros ! 💼👩‍🏫

Quiz : Testez vos connaissances sur l’ADVP 🎓

Après cette plongée dans la méthode, voyons si vous avez bien tout retenu ! Répondez à ce petit quiz (sans tricher 😉) et vérifiez vos réponses en bas de section.

  1. D’où vient la méthode ADVP ?
    A. Des États-Unis
    B. Du Canada
    C. De France
  2. Que signifient les lettres A.D.V.P ?
    A. Accompagnement au Développement de la Vie Professionnelle
    B. Activation du Développement Vocationnel et Personnel
    C. Aide au Déploiement des Voies Professionnelles
  3. Combien de phases comporte la démarche ADVP et quelles sont-elles ?
    A. 3 phases : Analyse – Décision – Validation
    B. 4 phases : Exploration – Cristallisation – Spécification – Réalisation
    C. 5 phases : Accueil – Diagnostic – Formation – Placement – Suivi
  4. Parmi ces propositions, laquelle est un principe clé de l’ADVP ?
    A. Chaque personne possède en elle les ressources pour construire son projet
    B. Il faut orienter rapidement le bénéficiaire vers un métier en tension
    C. Le conseiller décide du projet à la place du bénéficiaire si celui-ci hésite trop
  5. Quel outil n’est PAS typiquement utilisé dans la démarche ADVP ?
    A. Le photolangage (images pour s’exprimer)
    B. Le “journal de bord” réflexif
    C. Le test de QI chronométré
  6. L’ADVP est particulièrement indiquée pour :
    A. Imposer une orientation professionnelle dès le premier entretien
    B. Accompagner progressivement l’élaboration du projet d’une personne éloignée de l’emploi
    C. Évaluer la performance d’un candidat lors d’un entretien d’embauche
  7. Une limite de l’ADVP à prendre en compte est :
    A. Elle peut être trop longue ou difficile à mettre en œuvre si le public n’est pas motivé
    B. Elle manque totalement d’outils concrets pour le conseiller
    C. Elle ne fonctionne que pour les publics jeunes et diplômés
  8. Quelle est la dernière étape de l’ADVP et son objectif principal ?
    A. Cristallisation – regrouper les intérêts par catégories
    B. Spécification – choisir une formation scolaire
    C. Réalisation – planifier et engager les actions concrètes du projet

Réponses : 1. B (Canada) ; 2. B (Activation du Développement Vocationnel et Personnel) ; 3. B (4 phases : Exploration, Cristallisation, Spécification, Réalisation) ; 4. A (croire en les ressources de la personne) ; 5. C (le test de QI n’a rien à voir ici !) ; 6. B (accompagnement progressif d’une personne vers son projet) ; 7. A (oui, attention au temps et à l’adhésion du public – les autres propositions sont fausses) ; 8. C (Réalisation – on passe à l’action avec un plan).

Bravo si vous avez tout bon ! 🎉

Dans le cas contraire, une petite relecture s’impose… ou une formation complémentaire sur la #MéthodeADVP 😉.

Ressources complémentaires 📚

Pour aller plus loin et approfondir vos connaissances sur l’ADVP, son histoire, ses outils et son application, voici une sélection de ressources fiables (articles, guides, vidéos…). N’hésitez pas à les consulter – et à les partager avec vos collègues en ou en veille pro !

  • Le Labo des CIP – Blog de Gérald Vernay : Le blog référence d’un conseiller en insertion passionné qui partage outils et retours d’expérience. Vous y trouverez des articles pratiques sur les méthodes d’accompagnement innovantes (dont l’ADVP) et des anecdotes du terrain écrites avec humour et précision. (Lien : Le Labo des CIP – Gérald Vernay).
  • Fiche Ifrée (2023) – “Le modèle de l’approche éducative de l’ADVP” : Un document PDF synthétique réalisé par l’Institut de formation et de recherche en éducation à l’environnement, qui retrace les origines, les fondements théoriques et les principes de l’ADVPpublication.ifree.asso.frpublication.ifree.asso.fr. Utile pour comprendre les postulats de base et la logique des 4 étapes. (Lien : publication.ifree.asso.fr).
  • Article “ADVP et orientation professionnelle” – Fondation JAE (2021) : Un article en ligne présentant la méthode ADVP et son intégration dans les outils Parcouréo. Brève explication des 4 étapes et de la philosophie de la démarche (centrée sur le fait que chaque personne peut agir sur son devenir)fondation-jae.orgfondation-jae.org. (Lien : fondation-jae.org).
  • Communauté de l’inclusion – Fiche “De l’accompagnement à l’émergence du projet professionnel” (2025) : Une fiche pratique validée par la communauté des CIP, qui décrit clairement les 4 étapes clés de l’accompagnement façon ADVP, avec des exemples de questions à poser à chaque phasecommunaute.inclusion.gouv.frcommunaute.inclusion.gouv.fr. Excellent pour traduire la théorie en questions concrètes en entretien. (Lien : communaute.inclusion.gouv.fr).
  • Vidéo YouTube – “Qu’est-ce que l’ADVP ?” (CAFOC de Montpellier) : Une vidéo de quelques minutes réalisée par le CAFOC, qui explique de façon pédagogique la méthode ADVP, avec une animation type Powtoon. Idéal pour visualiser le déroulement et partager à des collègues lors d’une réunion d’équipe par exemple. (Lien : YouTube).
  • Ouvrage “Chemin Faisant – ADVP : fondements théoriques et exercices pratiques” : de Marie-Claude Mouillet et Claude Colin (Éd. Qui Plus Est, 1997). Un des livres historiques écrits par des formatrices ADVP françaises, contenant de nombreux exemples d’exercices. Un peu ancien mais toujours pertinent pour enrichir vos ateliers. (Référence bibliographique, disponible en centre de doc ou occasion).
  • Synergie Creactive – “L’arbre de vie, un outil génial” : Article de blog décrivant l’outil de l’arbre de vie et ses apports en coaching, applicable en insertion. Donne un aperçu détaillé de comment mener cet exercice pas à pas et pourquoi il est puissant pour redonner du sens aux histoires de viesynergiecreactive.fr. (Lien : synergiecreactive.fr).
  • Site Photolangage® officiel : Pour en savoir plus sur la méthodologie du photolangage, son histoire et les dossiers disponibles (sets d’images thématiques). (Lien : photolangage.fr).

#MéthodeADVP #InsertionProfessionnelle #ConseillerEnInsertion #Orientation #AccompagnementPro #FormationCIP #LeLaboDesCIP #coachingemploi

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  1. Avatar de De meo
    De meo

    Bravo pour votre blog et merci de partager toutes ces ressources et informations précieuses de façon si complète et concrète. Je commence une formation CIP dans deux mois et votre blog est déjà devenue mon meilleur ami 😁
    Delphine D.

    1. Avatar de Gerald Vernay

      Merci beaucoup Delphine pour ton message qui fait chaud au cœur 🙏 !
      Bravo pour ton futur lancement dans la formation CIP 👏, c’est une belle aventure qui t’attend. Si le blog peut déjà t’accompagner et t’apporter un petit coup de pouce, alors mission réussie 😁.
      N’hésite pas à revenir partager tes impressions et tes questions au fil de ton parcours, la communauté du Labo est justement là pour ça.

      Bonne préparation et à très vite par ici 🌟

  2. Avatar de
    Anonyme

    Merci !

Bonjour,

Je suis Gerald

Portrait d'un homme regardant vers le haut, avec un éclairage dramatique.

En 2023, j’étais en formation CIP… et j’ai fait un truc un peu fou : j’ai créé Le Labo des CIP

Pourquoi ? Parce que je cherchais des ressources concrètes, pensées pour le terrain et réellement utiles au quotidien du métier de conseiller en insertion professionnelle. Et parce qu’un jour, entre deux fiches REAC et trois cafés, je me suis dit : « Bon… si ça n’existe pas, je vais le faire moi-même… »

👀 Le CIP derrière le labo, c’est moi. Venez jeter un œil.

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